Bois et forêts des tropiques

Résumés et articles : n° 334
(4e trimestre 2017)


Tous les résumés
(en français, en anglais et en espagnol)

Nouveau numéro

Numéro 334


 

EFFETS DE DIFFÉRENTES CHARGES
DE NANOARGILE SUR LES PROPRIÉTÉS
PHYSIQUES ET MÉCANIQUES
DE PANNEAUX DE PARTICULES EN BOIS
DE MELIA COMPOSITA

N. Ismita, C. Lokesh

La présente étude a permis d’analyser les effets de l’ajout d’une charge de nanoparticules de Cloisite Na+ (nanoargile) dans une résine d’urée-formaldéhyde utilisée dans la fabrication de panneaux de particules. La Cloisite Na+ a été incorporée à 2 %, 4 % et 6 % de la masse sèche de résine. La densité, l’absorption d’eau (AE), le gonflement (G), les modules de rupture (MR) et d’élasticité (ME) et la résistance interne à l’arrachement (RI) ont été mesurés pour évaluer la performance des panneaux. Des améliorations significatives ont été constatées pour G, MR et ME avec de la Cloisite Na+ incorporée dans la résine. Plus précisément, pour les échantillons au liant UF additionné de 6 % de nanoargile, les valeurs MR et ME augmentent respectivement de 34 % et de 65 % par rapport aux panneaux de référence.

Mots-clés : Melia composita, propriétés mécaniques, nanoargile, panneau de particules, propriétés physiques, urée-formaldéhyde.


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IMPACT DE L’OMBRAGE SUR LE MICROCLIMAT D’UNE PLANTATION DE CAFÉ : ÉTUDE DE CAS EN AMAZONIE PÉRUVIENNE

L. Ehrenbergerová, M. Šenfeldr, H. Habrová

L’agroforesterie est considérée comme l’une des stratégies agricoles pouvant contribuer à l’adaptation des cultures au changement climatique. La présente étude de cas visait à comparer les conditions microclimatiques d’une parcelle de Coffea arabica cultivée sous ombrage, principalement Inga spp., et celles d’une parcelle de C. arabica menée en monoculture sans ombrage dans la même plantation de café, dans la région de Pasco au Pérou. La température et l’humidité de l’air, la température du sol et la disponibilité en eau du sol ont été mesurées pendant trois ans. Les résultats indiquent que l’ombrage des arbres réduit la température moyenne de l’air de 0,4 ± 0,04 °C et la température du sol de 1,7 ± 0,3 °C, et augmente l’humidité de l’air de 3,9 ± 0,4 % par rapport à la zone sans ombrage. Cependant, la moyenne mensuelle des températures de l’air dans la zone non ombragée, et même la température maximale, ne dépassent pas outre mesure la limite permettant la photosynthèse (seuil 34 °C). De plus, les températures minimales mensuelles diffèrent peu entre les zones ombragées et non ombragées, alors que la fluctuation des températures du sol est plus marquée dans la zone non ombragée. Un des principaux constats de cette étude concerne la sécheresse plus marquée des sols dans la zone ombragée, surtout au début et à la fin de la saison sèche. Ceci s’explique probablement par l’augmentation de la transpiration totale par celle des arbres d’ombrage. L’absorption d’eau plus importante en agroforesterie pourrait ainsi avoir un impact négatif sur la croissance des caféiers dans les situations où la disponibilité en eau est un facteur limitatif.

Mots-clés : agroforesterie, humidité de l’air, Coffea arabica, température du sol, disponibilité en eau du sol, Pérou, Amazonie.


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PRODUCTION D’ACACIA AURICULIFORMIS DANS LE SYSTÈME AGROFORESTIER DE MAMPU, PLATEAU BATÉKÉ, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

P. Proces, E. Dubiez, F. Bisiaux, A. Péroches, A. Fayolle

Géré par des communautés locales depuis plus de vingt ans, le massif agroforestier à Acacia auriculiformis de Mampu, sur le plateau Batéké en République démocratique du Congo (RDC), contribue à l’approvisionnement de Kinshasa en produits vivriers et en bois énergie. Grâce aux subventions internationales, ce système agroforestier, qui intègre la pratique de l’abattis-brûlis, est reproduit un peu partout en RDC, bien que sa performance n’ait jamais été évaluée. L’objectif de cette étude était d’estimer la production d’Acacia auriculiformis en biomasse totale et exploitable pour le charbon de bois (tige et branches de plus de 4 cm de diamètre) dans le système agroforestier. À cet effet, deux équations allométriques locales, portant sur la biomasse totale et exploitable, ont été ajustées à partir de données destructives. Des données d’inventaire existantes (n = 112 parcelles) ont permis d’identifier une grande hétérogénéité structurale sur l’ensemble de la rotation (8-10 ans) mais également entre parcelles du même âge. Malgré cette hétérogénéité qui peut s’expliquer par la diversité des conditions environnementales sur le site et/ou les disparités dans l’appropriation de l’itinéraire technique, la production reste néanmoins comparable à celle observée sur d’autres sites avec, en moyenne, 145 tonnes par hectare en 10 ans. Le système agroforestier de Mampu présente de nombreux avantages, des services directs avec la création d’emplois ruraux, et la production combinée de produits vivriers et de charbon de bois, mais aussi des services indirects, comme la déforestation évitée, et le stockage du carbone. La durabilité et la diffusion de ce système agroforestier peuvent néanmoins être discutées.

Mots-clés : Acacia auriculiformis, allocation de la biomasse, équation allométrique, facteur d’expansion de la biomasse, inventaire forestier, tarif de cubage, rotation courte, République démocratique du Congo.


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PRODUCTION DE PLANTS D’ARGANIER (ARGANIA SPINOSA) AU MAROC : CHOIX DU CONTENEUR ET DU SUBSTRAT

A. Ferradous, M. Hafidi, M. Alifriqui, A. Ouhammou

Dans le but d’obtenir des plants d’arganier (Argania spinosa L. Skeels) de bonne qualité en pépinière, huit types de conteneurs et trois substrats hors-sol (compost de branches broyées d’Acacia cyanophylla, compost de déchets d’extraction de graines de Tetraclinis articulata, tourbe commerciale) mélangés avec du terreau forestier dans des proportions différentes ont été testés. L’analyse physico- chimique des substrats a montré que les deux composts produits localement sont les mieux indiqués pour la production de plants d’arganier de bonne qualité. Ces substrats peuvent représenter une alternative aux substrats à base de tourbe, importés et coûteux. Le compost de branches d’Acacia cyanophylla peut être produit de manière satisfaisante pour répondre aux besoins des pépinières forestières locales. L’évolution des paramètres morphologiques et l’analyse effectuée sur les plants après un séjour de sept mois en pépinière ont montré que le conteneur de 400 ml est satisfaisant pour produire des plants d’arganier d’une qualité proche de celle obtenue avec les sachets en polyéthylène de 800 ml. Ces résultats constituent une première étape pour maîtriser les techniques de production de plants dans des conteneurs horssol, pour l’arganier ou d’autres espèces autochtones marocaines. Il conviendrait d’étudier d’autres aspects de la production de plants dans les pépinières marocaines, telles l’irrigation, la fertilisation ou la mycorhization. Des essais de plantation sont envisagés pour confirmer les résultats de cette étude.

Mots-clés : arganier, Argania spinosa, plant, conteneur, substrat, pépinière, compost, tourbe, Maroc.


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DIFFÉRENCE ENTRE LES GÉNÉRATIONS ET GROUPES ETHNIQUES DES CONNAISSANCES TRADITIONNELLES ET DE L’IMPORTANCE CULTURELLE DE LANNEA MICROCARPA ENGL. & K. KRAUSE EN SAVANE SOUDANIENNE AU BÉNIN

E. O. A. Goudégnon, F. G. Vodouhê, G. N. Gouwakinnou, V. K. Salako, M. Oumorou

Connaître l’importance socioculturelle des arbres fruitiers autochtones et des facteurs qui la déterminent est un préalable indispensable à leur valorisation et aux décisions sur leur mode de gestion. La présente étude s’est attachée à documenter les connaissances traditionnelles (CT) et l’importance culturelle (IC) de Lannea microcarpa, arbre fruitier autochtone peu connu et sous-utilisé de la zone soudanienne au Bénin. L’étude s’est également penchée sur les éventuelles variations en termes de CT et de IC selon les groupes ethniques et les générations. Nous avons recueilli des informations sur les utilisations et l’importance de l’essence auprès de 262 personnes sélectionnées de manière aléatoire dans la zone de distribution de l’arbre, à l’aide de listes libres et d’un système de notation. Vingthuit utilisations réparties en huit catégories d’usages ont été recensées, dont 21 médicinales, deux commerciales et une chacune pour l’alimentation humaine, le fourrage, le bois de feu, la construction, l’emballage et les cure-dents. Contrairement au cas des autres catégories d’utilisation, les connaissances traditionnelles liées aux usages pour l’alimentation n’ont pas varié selon les générations ou les groupes ethniques. De plus, les utilisations alimentaires sont culturellement les plus importantes, suivies par les utilisations médicinales. Globalement, le fruit est la partie préférée de l’arbre, et la plus souvent commercialisée. Les problèmes de santé traités à l’aide de L. microcarpa comprennent l’anémie, la diarrhée, la toux, les ulcères, les maux d’estomac et les hémorragies suite aux accouchements. Nos résultats indiquent que la domestication de L. microcarpa devra privilégier le fruit, la partie de l’arbre la plus appréciée. D’autres études pourront ainsi se pencher sur les possibilités de domestication de L. microcarpa en privilégiant ses caractéristiques fruitières et l’amélioration de la production de fruits.

Mots-clés : Lannea microcarpa, connaissances traditionnelles, valorisation des essences fruitières, zone soudanienne, Bénin.


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QUALITÉ ET USAGES DU BOIS DE CINQ ESPÈCES FORESTIÈRES ADAPTÉES À LA PLANTATION À VOCATION DE BOIS D’OEUVRE ET TESTÉES EN GUYANE FRANÇAISE

H. Morel, E. Nicolini, J. Bossu, L. Blanc, J. Beauchêne

Des essais de plantations forestières ont été menés en Guyane française depuis le début des années 1960 sur plus de 138 espèces (70 espèces natives et 68 espèces exotiques). Une étude récente sur la productivité de ces espèces en plantation (projet ForesTreeCulture, 2013-2015) a mis en avant le fort potentiel de production de trois espèces natives (Simarouba amara Aubl., Vochysia tomentosa (G. Mey.) DC., Bagassa guianensis (Aubl.)) et d’une espèce d’Afrique de l’Ouest (Tarrietia utilis Sprague) avec des volumes de bois produits supérieurs à 20 m3/ha/an. Cependant, les propriétés du bois de ces espèces commerciales ne sont connues qu’au travers d’arbres issus de forêt naturelle. Nous présentons les propriétés du bois de ces espèces en conditions de plantation – densité, retrait, élasticité, angle du fil, durabilité – et discutons de leurs potentiels et de leurs usages respectifs futurs. Une autre espèce, Cordia alliodora ((Ruiz et Pavon) Oken), a également été retenue bien qu’elle n’ait pas encore été plantée en Guyane française. Cette espèce, native de Guyane, est bien connue en Amérique latine pour son bois et son fort potentiel de croissance en milieu anthropisé.

Mots-clés : propriétés technologiques, qualité du bois, plantation, Guyane française.


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RÉSUMÉ DE THÈSE
Déterminants de la structure des communautés fongiques dans les forêts de Corse : rôle des perturbations et de la composition forestière

Adrien Taudière

RÉSUMÉ
L’étude de l’écologie des micro-organismes est récente malgré son importance pratique et théorique intrinsèque, mais également son rôle central dans la niche des macro-organismes. Les interactions plantes-champignons, de par leur importance socio-écologique et leur diversité — du mutualisme au parasitisme en passant par le commensalisme —, offrent un modèle judicieux pour étudier l’écologie des communautés de micro-organismes en interaction avec des macro-organismes. À l’aide de techniques de séquençage à haut débit (NGS) et d’analyse des réseaux, nous explorons certains déterminants de la structure des champignons des forêts de Corse à travers trois guildes : les champignons ectomycorhiziens, endophytiques et saprotrophes. Ce travail considère les processus de dispersion, les perturbations (feux et chablis), les facteurs environnementaux (par exemple la profondeur du sol) et les contraintes dérivées de l’interaction avec les hôtes (par exemple la taxinomie). Les assemblages des communautés des différentes guildes présentent des patrons communs qui pourraient être issus de mécanismes identiques. Ainsi, l’ensemble des guildes étudiées présentent des variations fortes à l’échelle des microrégions de Corse et entre forêts ayant des histoires de feux différentes. En revanche, l’importance des différents processus d’assemblage et les échelles spatiales auxquelles ils s’appliquent varient selon les guildes. Nous discutons des implications que suscite ce travail pour les écologues des communautés et pour les gestionnaires d’espaces naturels.

Mots-clés : champignons, mycorhizes, régime de feu, écologie des communautés, chablis, décomposition, Pinus nigra subsp. laricio, forêt mixte, Corse, Méditerranée, France.


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RÉSUMÉ DE THÈSE
Histoire évolutive du complexe Afzelia Smith (Leguminosae - Caesalpinioideae) dans les écosystèmes forestiers et savanicoles d’Afrique tropicale

Segbedji Armel Loïc Donkpegan

RÉSUMÉ
Le genre Afzelia Smith est connu pour comporter sept espèces africaines d’arbres dont deux se retrouvent dans la région zambézienne, une en région soudanienne et les quatre autres en région guinéo-congolaise. Ces taxons, à haute valeur commerciale, sont difficiles à distinguer les uns des autres. Ils sont donc commercialisés sous un même nom : « doussié » ou « afzelia ». Ces difficultés de distinction peuvent s’avérer préjudiciables à la gestion durable des populations. Le but de cette thèse de doctorat est de caractériser l’histoire évolutive du genre Afzelia. Plus spécifiquement, cette étude vise à : (i) évaluer le niveau des divergences morphologiques au sein du genre et décrire les relations phylogénétiques, afin de quantifier l’isolement reproductif entre les taxons d’Afzelia en mettant en évidence le rôle des changements climatiques passés et/ou des gradients écologiques dans la spéciation ; (ii) procéder à une analyse approfondie de la diversité et de la structuration génétique spatiale d’Afzelia spp. ; (iii) identifier et décrire les facteurs écologiques, biotiques et abiotiques susceptibles d’influencer les flux géniques à l’échelle des populations d’une espèce d’Afzelia (A. bipindensis). Une analyse morphogénétique des espèces a été effectuée et a confirmé la forte ressemblance botanique entre les taxons. Les espèces de savane se sont avérées être diploïdes et présentent la moitié de la taille du génome des espèces forestières qui sont donc tétraploïdes. Les phylogénies de gènes, nucléaires et chloroplastiques, diffèrent entre elles. De telles différences peuvent être générées à la suite d’épisodes d’hybridation ancestrale entre espèces. Ces hybridations seraient probablement anciennes et seraient survenues entre les lignées des espèces forestières et celles d’A. quanzensis (une espèce des savanes zambéziennes). La polyploïdie serait survenue entre 7 et 9,4 millions d’années au cours de l’histoire évolutive du genre. De plus, une assignation bayésienne et des analyses d’isolement reproductif ont suggéré l’existence de croisements interspécifiques, mais uniquement chez les espèces forestières distribuées en sympatrie. À une échelle spatiale plus limitée, deux groupes génétiques bien différenciés ont été observés en sympatrie chez A. bipindensis. Ceux-ci présentent une différenciation morphologique et un décalage phénologique de la floraison qui peut contribuer à leur isolement reproductif. Cette étude a permis de mettre en évidence quelques points importants que sont : la découverte d’un complexe polyploïde au sein du genre Afzelia ; la confirmation de la délimitation des espèces diploïdes de savane ; et la nécessité de réviser la taxonomie des espèces tétraploïdes forestières.

Mots-clés : Afzelia spp., phylogénie, phylogéographie, structure et diversité génétique, polyploïdie, flux de gènes, phénologie, savane, forêts tropicales, Afrique tropicale.


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LA RECHERCHE AGRONOMIQUE POUR LE DÉVELOPPEMENT

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