Bois et forêts des tropiques

Résumés et articles : n° 333
(3e trimestre 2017)


Tous les résumés
(en français, en anglais et en espagnol)

Nouveau numéro

Numéro 333


 

INVENTAIRE ET APPROCHE MULTICRITÈRES POUR IDENTIFIER LES ESSENCES PRIORITAIRES POUR LA CONSERVATION AU BÉNIN

J. D. T. Akpona, A. E. Assogbadjo, A. B. Fandohan, R. Glèlè Kakaï

Diverses essences forestières, dont certaines sont menacées, sont exploitées pour leur bois, légalement ou non. Les essences prioritaires pour la conservation à long terme doivent donc être définies. La présente étude a permis de réaliser un inventaire des essences exploitées au Bénin et d’identifier les essences prioritaires pour lesquelles des actions urgentes de conservation et de restauration sont nécessaires. Des recherches bibliographiques complétées par des entretiens avec différentes parties prenantes ont été menées afin de recueillir les données requises pour dresser une liste exhaustive des essences prioritaires. Dix critères et quatre méthodes de priorisation ont été utilisés. Au final, l’approche a retenu 10 essences parmi les 15 essences prioritaires définies par chacune des méthodes. Au total, 24 espèces végétales ont été identifiées, appartenant à 9 familles : Fabacées (25 %), Malvacées (20,83 %), Méliacées (16,67 %), Combrétacées (8,33 %), Moracées (8,33 %), Verbénacées (8,33 %), Ébénacées (4,17 %), Rutacées (4,17 %) et Myrtacées (4,17 %). Des mesures de conservation et de restauration sont préconisées d’urgence pour les 10 essences prioritaires ainsi retenues.

Mots-clés : essences forestières, conservation, méthodes de priorisation, Afrique de l’Ouest.


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USAGES DE BOMBAX COSTATUM (MALVACEAE) DANS LES TERROIRS RIVERAINS DE LA RÉSERVE DE BIOSPHÈRE DE LA PENDJARI, RÉPUBLIQUE DU BÉNIN

G. A. Assogba, A. B. Fandohan, V. K. Salako, A. E. Assogbadjo

Bombax costatum (faux kapokier) est une espèce des zones soudaniennes peu étudiée et sous-utilisée. Cette étude a évalué les connaissances sur les usages de B. costatum en relation avec les facteurs socio-démographiques (âge et sexe) et le groupe socioculturel. À cet effet, 118 entretiens individuels semi-structurés ont été réalisés dans les terroirs riverains de la réserve de biosphère de la Pendjari au Bénin. La fréquence relative de citation, la valeur d’usage rapportée et l’indice d’importance culturelle ont été utilisés pour quantifier les usages et l’importance de l’espèce. Au total, 46 usages ont été recensés et classés en huit catégories d’usages dont les plus citées et ayant les valeurs d’importance culturelle les plus élevées sont les usages alimentaires et médicinaux. Le calice est la partie de plante la plus sollicitée pour les usages alimentaires ; il est de surcroît localement commercialisé. Les usages médicinaux impliquent plusieurs organes/parties (calice, feuille, écorce, graine et racine). Les connaissances sur les usages de B. costatum variaient significativement entre groupes socioculturels mais pas entre sexe et catégorie d’âges. En effet, les groupes socioculturels Berbas et Gourmantchés, contrairement aux Waamas, Natimbas et Peulhs, possédaient plus de connaissances sur les usages de B. costatum et avaient une préférence pour les usages alimentaires. La promotion des usages alimentaires de B. costatum peut être envisagée et ainsi servir de point de départ pour sa plus large valorisation. Les études futures devraient toutefois explorer d’autres régions d’occurrence de l’espèce et mettre l’accent sur la valeur nutritionnelle, les revenus générés par la plante, de même que sa propagation en vue de sa valorisation.

Mots-clés : Bombax costatum, connaissance traditionnelle, valeur d’usage ethnobotanique, réserve de biosphère de la Pendjari, Bénin.


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QUALITÉ MORPHO-PHYSIOLOGIQUE DES PLANTS DE CHÊNE-LIÈGE, QUERCUS SUBER L., PRODUITS DANS DES PÉPINIÈRES FORESTIÈRES AU MAROC

M. Bouderrah, A. Zine El Abidine, A. Bounakhla, M. S. Lamhamedi, A. Zouahri, F. Mounir

La régénération naturelle des forêts marocaines de chêne-liège (Quercus suber L.) est très rare en raison de facteurs anthropiques et environnementaux. Le recours à la plantation de plants produits en pépinière ne permet pas d’atteindre avec succès les objectifs escomptés des programmes de reboisement. Les échecs de plantation sont dus aux variables environnementales peu favorables, aux techniques de préparation des sites de reboisement souvent inappropriées, mais surtout à la mauvaise qualité morpho- physiologique des plants. Cette étude avait pour objectif d’évaluer l’itinéraire technique et la qualité des plants de chêne-liège produits dans quatre pépinières forestières selon les normes marocaines et espagnoles. Les itinéraires techniques précisés dans les Cahiers des prescriptions spéciales (CPS) relatifs à la production des plants de chêne-liège sont peu élaborés, et parfois peu respectés. Les modalités de fertilisation n’y sont pas définies et sont appliquées sans analyse des besoins spécifiques des plants. Le pH des substrats d’élevage des plants est supérieur à 7. Les plants de chêneliège produits dans les quatre pépinières sont en majorité non conformes, au moins pour un critère, aux normes d’évaluation fixées. Les taux de non-conformité sont généralement supérieurs à 10 %. Le taux des plants présentant des défauts racinaires varie entre 10 % et 48 %. Le chignon racinaire est présent chez tous les plants, avec un taux qui varie entre 10 % et 36,5 %. Les techniques actuelles de production des plants de chêne-liège et les normes adoptées dans les CPS nécessitent d’être revues en vue de produire des plants d’une meilleure qualité permettant d’améliorer les taux de succès des reboisements.

Mots-clés : Quercus suber, chêne-liège, pépinière, itinéraire technique, normes de qualité, Maroc.


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EFFETS DES PRINCIPALES ESSENCES DE LA GRANDE MURAILLE VERTE SÉNÉGALAISE SUR LES TAUX D’AZOTE MINÉRAL DU SOL ET LA BIOMASSE MICROBIENNE

M. D. Diallo, T. Goalbaye, M. Mahamat- Saleh, P. S. Sarr, D. Masse, S. A. Wood, L. Diop, R. P. Dick, A. Diop, A. Guisse

L’article présente une expérience menée pendant neuf mois dans un agro-écosystème au nord du Sénégal, visant à déterminer les effets sur le cycle de l’azote (N) et la biomasse-C de cinq espèces végétales proposées pour la Grande Muraille verte au Sénégal : Acacia senegal (L.) Willd., Acacia tortilis var. raddiana (Savi) Brenan, Balanites aegyptiaca (L.) Del., Boscia senegalensis (Pers.) Lam. ex Poir. et Sclerocarya birrea (A. Rich.) Hochst. Les sols ont été échantillonnés à une profondeur de 0-10 cm, hors couvert (témoin) et sous couvert arboré. La biomasse microbienne, les teneurs en azote minéral et la minéralisation nette d’azote organique ont été déterminées pour les échantillons prélevés sous couvert arboré et comparées aux sols prélevés hors couvert. Les résultats montrent que les teneurs en azote minéral et en biomasse-C microbienne sont généralement plus élevées sous couvert arboré et diffèrent selon les essences. En mai 2014 (fin de saison sèche), la biomasse-C microbienne était plus importante sous A. senegal (31,8 mg C/kg sol) et plus faible sous B. senegalensis et dans l’échantillon témoin prélevé hors couvert (17 mg C/kg sol). La teneur en biomasse-C microbienne était plus élevée sous A. senegal (49 mg C/kg sol) et B. aegyptiaca (53,7 mg C/kg sol) en octobre 2014 (fin de saison des pluies) et en janvier 2015 (milieu de saison sèche). En mai 2014, la teneur en ammonium était sensiblement plus élevée sous B. senegalensis (11,17 µg/g sol), tandis que l’échantillon témoin (hors couvert) donne la valeur la plus faible (4,93 µg/g sol). Pour l’azote, aucune différence significative n’apparaît entre les essences du couvert (P = 0,05). Ces résultats permettent de guider le choix des essences pour la Grande Muraille verte selon leur fonctionnement et leurs effets sur la qualité des sols.

Mots-clés : dynamique de l’azote, nitrification, Grande Muraille verte, agro-écosystème sahélien, Ferlo, Sénégal.


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STRUCTURE DÉMOGRAPHIQUE ET RÉPARTITION SPATIALE DES POPULATIONS DE SCLEROCARYA BIRREA (A. RICH.) HOCHST. DU SECTEUR SAHÉLIEN DU NIGER

H. Abdourhamane, H. Rabiou, A. Diouf, B. Morou, A. Mahamane, R. Bellefontaine

Cette étude a pour objectif principal d’analyser la structure démographique et la distribution spatiale des populations de Sclerocarya birrea dans les forêts classées de Dan Kada Dodo et de Dan Gado, et dans leurs zones périphériques. La connaissance de ces paramètres constitue une étape indispensable à leur gestion durable. Un échantillonnage stratifié aléatoire sur la base des trois unités d’occupation du sol identifiées (steppe arborée, parc agroforestier, zones agricoles riveraines) a permis la mise en place de placettes d’inventaire de 50 x 20 m. Le diamètre à 1,30 m du sol, la hauteur totale et les deux diamètres perpendiculaires du houppier des individus de S. birrea ont été mesurés. Pour préciser la répartition spatiale des individus de S. birrea, les données ont été collectées par cartographie des individus sur deux parcelles de 1,96 ha chacune (140 x 140 m) dans les unités « steppe arborée » et « parc agroforestier ». Les résultats montrent que les individus de S. birrea présentent une répartition spatiale aléatoire à agrégée, avec des agrégats de taille variable (environ 7 m et 25 m), en cohérence avec le mode de dispersion zoochore et barochore des fruits, et la capacité de multiplication végétative de l’espèce. Les plus fortes valeurs de densité (25,2 individus/ha), de surface terrière (1,6 m2/ha) et de hauteur moyenne (6,9 m) ont été obtenues dans les unités des forêts classées. La forme en cloche de la distribution des classes de hauteur et des diamètres des populations traduit une meilleure représentation des classes intermédiaires, par rapport aux classes extrêmes. Par contre, la structure erratique observée dans les « zones agricoles riveraines » traduit une répartition très irrégulière dans les classes de diamètre. Les populations de S. birrea requièrent donc une conservation plus efficace qui passera par le développement de stratégies appropriées en vue de leur restauration.

Mots-clés : Sclerocarya birrea, structure spatiale, forêts classées, occupation du sol, Niger.


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LE RÔLE DE L’ÉVOLUTION DES PAYSAGES HOLOCÈNES DANS LE COMBLEMENT DES BAS-FONDS DU PARC NATIONAL DE LA LOPÉ, MOYENNE VALLÉE DE L’OGOOUÉ AU GABON

V. Nfoumou Obame, Makaya M’Voubou, D. Sebag, R. Oslisly, L. Bremond, M. Mbina Mounguengui, P. Giresse

Des analyses sédimentologique et géochimique associées à des datations 14C ont été réalisées sur une carotte sédimentaire prélevée dans le marais Lopé 2 situé dans la zone nord du Parc national de la Lopé au Gabon. L’ensemble des résultats obtenus nous amène à subdiviser cette carotte en trois principales unités. La première unité part de la base de la carotte à 2 320 ans cal BP. Durant cette période, le marais Lopé 2 est une dépression topographique inondée occasionnellement en saison des pluies. Cette unité correspond à une formation pédologique constituée d’argile, de quartz et de matière organique très dégradée. La fin de cette unité correspond à la fin de la péjoration climatique qu’a connue l’Afrique centrale autour de 2 500 ans BP. La deuxième unité va de 2 320 à 585 ans cal BP. Elle montre une diminution progressive du flux de quartz témoignant de la densification relative de la végétation du marais en conséquence d’une humidification du climat. La matière organique de cette unité relativement abondante et riche en constituants réfractaires est d’origine mixte. La troisième unité qui va de 585 ans cal BP à l’actuel connaît un couvert végétal associé au développement du marais (amorcé à l’unité 2), entretenu par l’humidité du climat. Ici, la matière organique est riche en constituants biologiques.

Mots-clés : sédimentologie, matière organique, géochimie, marais, Holocène récent, paysage, Gabon.


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LA RECHERCHE AGRONOMIQUE POUR LE DÉVELOPPEMENT

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