Bois et forêts des tropiques

Résumés et articles : n° 329
(3e trimestre 2016)


Tous les résumés
(en français, en anglais et en espagnol)

Nouveau numéro

Numéro 329


 

CROISSANCE RADIALE ET SENSIBILITÉ AU CLIMAT DU PISTACHIER DE L’ATLAS, PISTACIA ATLANTICA DESF., EN ALGÉRIE

N. Ifticene-Habani, M. Messaoudene

Le pistachier de l’Atlas, Pistacia atlantica Desf., est assez peu étudié alors qu’il occupe une place importante dans les écosystèmes steppique et saharien algériens (Ahaggar : Sahara central). L’espèce constitue un cas écologique et biogéographique particulier ; son association à d’autres espèces caractéristiques des milieux saharien, aride et semi-aride indique sa très grande résistance aux changements globaux, notamment climatique. La question posée est de savoir comment réagit cet arbre aux changements climatiques actuels suivant un gradient d’aridité. Une étude dendro-éco logique a été entreprise pour identifier les facteurs climatiques régissant la croissance radiale de cette espèce. Cette approche permet de préciser à différentes échelles spatiales et temporelles la relation entre variabilité climatique et variabilité de la croissance radiale du pistachier de l’Atlas. La réponse du pistachier de l’Atlas aux évènements climatiques extrêmes a été étudiée par l’analyse des années caractéristiques. L’étude a porté sur quatre populations installées dans deux régions : la région des hautes plaines steppiques de Djelfa et la région présaharienne de Béchar. L’analyse révèle que les années caractéristiques dépendent fortement des conditions hydriques (précipitations moyennes annuelles) et thermiques (températures moyennes annuelles). Les années de forte croissance correspondent à des années humides. En revanche, les années de faible croissance correspondent à des années sèches. La réponse du pistachier de l’Atlas à la grande variabilité climatique est traduite par les valeurs élevées du coefficient de sensitivité moyenne. L’analyse des fonctions de réponse montre l’importance des précipitations dans la croissance radiale du pistachier de l’Atlas, et le rôle moindre joué par les températures dans des conditions modulées par le biotope.

Mots-clés : Pistacia atlantica, climat aride, croissance radiale, dendroécologie, pistachier de l’Atlas, climat saharien.


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EFFET DES FACTEURS STATIONNELS SUR LA CROISSANCE RADIALE ET LA RÉPONSE DU PIN D’ALEP AU CLIMAT DANS LE MASSIF DE L’OUARSENIS, ALGÉRIE

M. Sarmoum, F. Guibal, F. Abdoun

Les relations entre le climat et la croissance radiale sur la période 1967-2010 de neuf populations de pin d’Alep dans le massif de l’Ouarsenis (Nord-Ouest de l’Algérie) ont été étudiées en fonction des facteurs stationnels (substrat, altitude, exposition et âge des arbres) à l’aide de méthodes de dendrochronologie. Les variations interannuelles des épaisseurs de cernes ont été analysées. L’étude rétrospective de la croissance radiale indique une forte variabilité interannuelle des épaisseurs des cernes à l’intérieur d’une même population. Les paramètres statistiques calculés indiquent une forte variabilité de la croissance radiale entre les populations, cette variabilité étant liée aux facteurs stationnels et à l’âge des arbres. L’âge joue un rôle négatif sur l’épaisseur moyenne des cernes et sur le phénomène de persistance. La sensitivité (sensibilité au climat) moyenne des arbres tend à être plus élevée sur les substrats gréseux ou schisteux que sur les substrats calcaires. L’analyse des relations cerne-climat montre que le pin d’Alep est réactif aux précipitations de la période précédant ou contemporaine de la formation du cerne. Les températures interviennent négativement sur la croissance radiale, surtout par leurs valeurs maximales. Les relations du pin d’Alep aux conditions climatiques sont modulées par les facteurs stationnels, notamment le substrat. Les populations les plus réactives se localisent davantage sur un substrat gréseux. Ces résultats constituent un descriptif utile pour comprendre la plasticité écologique du pin d’Alep et sa réponse aux changements climatiques, afin de proposer des mesures destinées à assurer une meilleure protection des pinèdes menacées depuis plusieurs décennies.

Mots-clés : Pinus halepensis, facteurs stationnels, croissance radiale, relations cerne-climat, sécheresse, Ouarsenis.

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BÉNÉFICES SOCIOCULTURELS ET ENVIRONNEMENTAUX DES VERGERS FAMILIAUX DES HAUTS PLATEAUX DU MEXIQUE

J. C. García Flores, J. G. Gutiérrez Cedillo, M. Á. Balderas Plata, M. R. Araújo Santana

Cette étude vise à analyser les perceptions des agro-écosystèmes sur le plan socioculturel et environnemental parmi les propriétaires de vergers familiaux situés dans la zone de transition écologique de l’État de Mexico. La méthodologie comporte trois étapes : 1) caractérisation géographique des localités et des agro-écosystèmes ; 2) analyse des bénéfices sociaux des vergers ; 3) potentiel des vergers et problèmes rencontrés. L’enquête s’est déroulée sur douze localités situées dans trois municipalités de l’État de Mexico, à l’aide d’entretiens semi-structurés complétés par des observations directes sur le terrain. Les vergers familiaux sont une source de nombreux bénéfices sociaux, environnementaux, écologiques et culturels : ils contribuent au bien-être des familles par la production de fruits, de condiments et de plantes utilisées dans diverses cérémonies, récoltées pour l’autoconsommation, la vente ou le troc. Ces vergers sont également une source de bois de feu, de bois de construction, de piquets et d’ornements. Ils sont ainsi à considérer comme des agro-écosystèmes de grande importance et dont le fonctionnement repose sur des relations complexes entre l’ensemble de leurs composantes. Les bénéfices socioculturels et environnementaux de ces agro-écosystèmes productifs aux fonctions multiples peuvent être un atout considérable pour la réussite de stratégies de cohésion sociale et de sécurité alimentaire en milieu rural, tout en contribuant à la préservation des ressources naturelles de la région.

Mots-clés : vergers familiaux, bénéfices socioculturels, familles rurales, bénéfices environnementaux, agro-écosystèmes, Mexique


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SURVIE DES SEMENCES DE SWIETENIA MACROPHYLLA SEMÉES SUR BRÛLIS DANS L’ÉTAT DE QUINTANA ROO AU MEXIQUE

P. Negreros-Castillo, I. Martínez-Salazar, K. F. Kellner, C. W. Mize, R. K. Swihart, M. A. Navarro-Martínez

En Amérique tropicale, la régénération de l’acajou à grandes feuilles, Swietenia macrophylla King, essence commerciale majeure, est problématique en raison de ses caractéristiques de fructification et de dispersion et de sa faible tolérance à l’ombre et sa réaction à l’exploitation forestière. Dans l’État de Quintana Roo, au Mexique, les brûlis abandonnés offrent d’excellents espaces pour l’établissement de jeunes plants, mais un moyen efficace permettant d’assurer la survie des semences reste à identifier. La présente étude s’est attachée à évaluer la probabilité de prédation des semis directs d’acajou, en analysant les effets de trois types de traitement (quatre types de protection des semences, deux méthodes de semis et deux moments de semis dans la journée). Le pourcentage moyen de semences éliminées ou consommées en partie sur une période de 12 heures varie de 1,1 à 7,7 % selon les quatre types de traitement des semences mais ne varie pas selon les deux méthodes de semis. La précipitation au moment du semis est fortement positive pour la reprise des semences, tandis que la température journalière minimale a un effet légèrement négatif. L’effet de la date des semis, selon le calendrier julien, est positif pour la survie des semences. La prédation des semences ne varie pas selon les traitements de protection qui permettent l’accès aux seuls rongeurs, aux seuls insectes et aux deux, et la prédation est plus importante avec ces trois types de traitement qu’avec le traitement interdisant totalement l’accès aux prédateurs. La prédation des semences n’est pas influencée par le moment du semis dans la journée. Le semis direct est favorable à la régénération de l’acajou, notamment lorsque les semences sont trempées pendant au moins deux semaines avant le semis pour réduire les risques de prédation et augmenter les chances de survie et de reprise.

Mots-clés : Swietenia macrophylla, acajou, régénération, sylviculture, forêt tropicale, prédation des semences, Mexique.


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DIVERSITÉ ÉCOLOGIQUE ET CONSERVATION D’ARBRES SAUVAGES À FRUITS COMESTIBLES DANS LA RÉSERVE FORESTIÈRE DE LAMA AU BÉNIN

S. Agbahoungba, A. E. Assogbadjo, F. J. Chadare, R. Idohou, V. K. Salako, E. E. Agoyi, R. L. Gièlè Kakaï

Une bonne connaissance des interactions entre les forêts et les communautés humaines voisines est indispensable à la gestion participative des ressources forestières. La présente étude s’est attaché à déterminer la diversité écologique des arbres sauvages à fruits comestibles (ASFC) dans la Réserve forestière de Lama, zone protégée dans le sud du Bénin, et à définir des stratégies de conservation adaptées. Un inventaire des ASFC a été réalisé sur 53 placettes systématiquement délimitées dans des forêts denses typiques, de forêt dense dégradée et de jachère dans la Réserve forestière de Lama, ainsi qu’une enquête ethnobotanique auprès de 136 participants. Les habitats des ASFC ont été identifiés à partir d’une Analyse des Correspondances Simples sur les données de densité. Une liste d’especes prioritaires a été générée par la méthode des rangs composés : Dialium guineense, Diospyros mespiliformis, Drypetes floribunda, Mimusops andogensis et Pterocarpus santalinoides en forêt dense typique ; Pancovia bijuga, Psidium guajava et Lecaniodiscus cupanioides en forêt dense dégradée ; Ficus capensis et Spondias mombin dans les jachères. Contrairement aux autres essences, la densité moyenne de D. guineense, D. mespiliformis, D. floribunda, L. cupanioides et M. andongensis varie de manière significative (P < 0,01) selon les types de végétation. Les ASFC recensés sont principalement utilisés dans l’alimentation et la pharmacopée. Les essences à conserver en priorité sont P. guajava, S. mombin, F. capensis, P. santalinoides et P. bijuga. Des efforts de protection renforcés sont nécessaires en forêt dense dégradée et dans les zones de jachère pour assurer la conservation de ces essences. D’autre part, il convient d’intégrer les ASFC prioritaires dans des programmes de plantation afin de réduire la pression des communautés humaines voisines.

Mots-clés : conservation, réserve forestière de Lama, diversité, arbres sauvages à fruits comestibles.


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EXPORTATIONS DE BOIS DU CAMEROUN VERS LE TCHAD : UN SUCCÈS COMMERCIAL MAIS UNE LÉGALITÉ DÉFAILLANTE

G. Lescuyer, M. Tal

L’importance et les moyens mis en oeuvre pour importer des sciages au Tchad en provenance du Cameroun sont peu documentés. Deux enquêtes ont été réalisées pour dresser le diagnostic actuel de cette filière. D’une part, un suivi des flux de sciages a été assuré à N’Djamena et à Moundou de juillet à décembre 2015. D’autre part, des entretiens ont été conduits avec 16 personnes pour caractériser les processus suivis pour importer et dédouaner le bois provenant du Cameroun. Selon nos enquêtes, le volume de sciages arrivant au Tchad à partir du Cameroun s’établit à 79 000 m3 sur la période d’enquête, soit probablement environ 210 000 m3 par an. C’est plus qu’un doublement de l’activité par rapport aux estimations réalisées en 2009. Presque la totalité des sciages importés au Tchad est constituée de « bois blancs » et ils sont produits avec des moyens artisanaux. Seulement 25% de ce volume est enregistré par les douanes tchadiennes. Les procédures officielles d’importation sont longues et coûteuses au Tchad. Les acteurs de la filière ont donc mis en place une « filière courte » de dédouanement du bois, qui se caractérise par une sous-déclaration des volumes importés et le versement de pots-de-vin. Cette pratique engendre un manque à gagner fiscal d’environ 3 milliards de FCFA pour l’État tchadien, mais elle procure des bénéfices importants aux officiers des douanes, aux transitaires, aux commerçants et aux consommateurs finaux de sciages. Plusieurs mesures sont envisageables pour modifier ces pratiques informelles. Côté demande, au Tchad, le changement de statut fiscal des produits bois, la sanction au moins ponctuelle de certains fraudeurs, et l’instauration de primes liées à l’application de la loi par les contrôleurs pourraient être combinés pour faciliter la légalisation de ce commerce. Côté offre, au Cameroun, l’enjeu majeur est de mieux réguler les pratiques d’exploitation et de commerce du bois dans les forêts communautaires.

Mots-clés : sciage, douane, commerce intra-africain, corruption, forêt communautaire, bassin du Congo.


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LA RECHERCHE AGRONOMIQUE POUR LE DÉVELOPPEMENT

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