Bois et forêts des tropiques

Résumés et articles : n° 327
(1er trimestre 2016)


Tous les résumés
(en français, en anglais et en espagnol)

Nouveau numéro

Numéro 327


 

RÉGIME DE CHABLIS ET RÉGÉNÉRATION DES ARBRES DANS LA RÉSERVE DE BIOSPHÈRE D’IPASSA AU GABON

J.- P. Obame Engone, L. Bélanger, S. Assame

La présente étude vise à caractériser le régime de perturbations par chablis de la forêt d’Ipassa (Gabon) et à analyser les liens entre les types de chablis et la régénération des espèces d’arbres. Nous avons étudié le régime de perturbation par chablis dans un dispositif permanent de 38 ha. Le suivi annuel de nouveaux chablis a été mené durant cinq années entre 2005 et 2009. Nous avons également évalué la régénération naturelle des espèces d’arbres au sein des différents types de chablis. L’étude montre que la forêt d’Ipassa est principalement affectée par un gradient de chablis partiels et chablis élémentaires qui constituent 72 % du total de chablis recensés. Ces chablis ont annuellement occupé 1,3 % de la surface étudiée. La taille moyenne des chablis varie de 52 ± 13 m2 à 625 ± 220 m2, alors que la demi-vie est d’environ 53 ans. L’analyse des correspondances multiples montre que la régénération de 47 espèces (25,7 %) est associée aux différents types de chablis. Douze espèces d’arbres héliophiles se régénèrent exclusivement dans les chablis multiples et complexes alors que la régénération de 35 espèces tolérantes à l’ombrage se produit préférentiellement dans les chablis partiels et élémentaires. Cependant, plusieurs espèces d’arbres n’ont pas de liens manifestes avec les chablis. Cela suggère qu’en dehors des chablis, d’autres facteurs comme la limitation en dispersion agissent sur la régénération des espèces d’arbres.

Mots-clés : espèces sciaphiles, régénération naturelle, régime de chablis, forêt tropicale, Gabon


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DYNAMIQUES DE CHANGEMENT DE LA COUVERTURE FORESTIÈRE ET DU STOCK DE CARBONE EN RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO : LE CAS DE L’APPROVISIONNEMENT EN BOIS-ÉNERGIE DU BASSIN DE KINSHASA

V. Gond, E. Dubiez, M. Boulogne, M. Gigaud, A. Peroches, A. Pennec, N. Fauvet, R. Peltier

Afin de contribuer à la mise au point de méthodes de gestion durable des écosystèmes forestiers en Afrique centrale, la question de recherche suivante a été posée : l’analyse de l’évolution de la couverture végétale permet- elle de comprendre et de documenter l’organisation spatiale et les mécanismes de la dégradation des forêts tropicales ? Pour cela, en République démocratique du Congo, le projet Makala a cartographié les arbres et les ressources forestières du bassin d’approvisionnement en bois-énergie de Kinshasa et a essayé de prédire son évolution future. La carte a été réalisée à quatre périodes (1984, 2001, 2006 et 2012) avec une mosaïque de quatre images Landsat. L’estimation de la biomasse aérienne a été faite en 2012, par l’inventaire forestier de 317 parcelles (4 337 arbres de 44 espèces) dans les quatre types de couverture végétale, sur le plateau Batéké. Entre 2000 et 2012, le volume moyen de bois-énergie a chuté de plus de 50 % et les stocks de carbone de 75 % en 28 ans. La réduction drastique du couvert forestier, la baisse significative des périodes de jachère, l’augmentation des surfaces de savane, le déclin des stocks de biomasse et de carbone, constituent des signaux particulièrement forts. Mais ces premières estimations sont dérivées des données d’un petit échantillon, extrapolées au bassin d’approvisionnement. Il serait très utile d’augmenter l’échantillonnage, pour approcher des valeurs plus justes et concrètes. L’expérience du projet Makala montre clairement que l’analyse de l’évolution de la couverture végétale permet de comprendre et de documenter l’organisation spatiale et les mécanismes de la dégradation des forêts. Mais seules une politique consciente et une gestion durable des terres des communautés, combinées avec une réintroduction des arbres dans les terres agricoles, peuvent initier un processus de restauration durable.

Mots-clés : bois-énergie, stock de carbone, couvert forestier, dégradation forestière, inventaire forestier, restauration forestière, télédétection, Kinshasa, République démocratique du Congo.


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PROPAGATION VÉGÉTATIVE DE VITEX DONIANA SWEET À PARTIR DE SECTIONS DE RACINE

P. M. Mapongmetsem, G. Fawa, J. B. Noubissie-Tchiagam, B. A. Nkongmeneck, S. S. H. Biaou, R. Bellefontaine

Vitex doniana Sweet est une espèce à usages multiples d’une grande importance socio-économique et commune en Afrique tropicale. Malgré sa forte utilisation en milieu rural, elle est encore présente à l’état sauvage. Il existe peu de données sur sa domestication. La propagation de cet arbre par bouturage de segments de racine constitue une alternative à sa difficile régénération sexuée. L’objectif de notre travail était d’évaluer deux des facteurs clés (substrat d’enracinement, diamètre des boutures) qui influencent l’aptitude des boutures de segments de racine (BSR) à néoformer des pousses feuillées et des racines. Le système racinaire de 23 arbres a été partiellement excavé sur une profondeur de 20 cm. Des BSR de 15 cm de long ont été disposées horizontalement dans des polypropagateurs sur cinq substrats différents, arrosés matin et soir. Le dispositif était un split-plot à trois répétitions. Le traitement principal recouvrait cinq substrats : terre noire (Tn), sable fin (S), sciure de bois (Sc), 50 % Tn/50 % Sc (Tn- Sc) et 50 % Tn/50 % S (Tn-S). Le traitement secondaire distinguait deux classes de diamètre (0,5-1cm ; 1,1-2,5 cm). Après la mise en culture des BSR, le temps de latence d’émergence était de 8 semaines pour les pousses aériennes et 12 pour les racines. Après 28 semaines, le pourcentage de pousses feuillées formées variait de 28 % (Tn) à 55 % (S). Les pousses aériennes se sont développées majoritairement (82 %) sur le pôle distal. Le diamètre des BSR a déterminé le développement des pousses feuillées (P < 0,01). Le taux de bourgeonnement des BSR oscillait entre 21,0 ± 1,8 % pour les BSR de 0,5- 1 cm et 86,0 ± 7,8 % pour la classe 1,1-2,5 cm. Le diamètre a également impacté l’enracinement des BSR (P < 0,001). Le taux d’enracinement des BSR variait de 12,0 ± 2,3 % pour les petits diamètres à 59,3 ± 4,7 % pour les plus gros. La multiplication végétative par BSR peut améliorer la filière économique de V. doniana dans les hautes savanes guinéennes du Cameroun.

Mots-clés : Vitex doniana, multiplication végétative, domestication, aptitude à l’enracinement, bouturage de segments de racine, Cameroun.


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PERCEPTIONS ET SAVOIRS LOCAUX SUR LES ESPÈCES OLÉAGINEUSES LOCALES DANS LE KÉNÉDOUGOU, BURKINA FASO

F. R. S. Tiétiambou, A. M. Lykke, G. Korbéogo, A. Thiombiano, A. Ouédraogo

Les plantes oleagineuses locales offrent des usages multiples et constituent une source de revenus pour les communautes rurales. L’objectif de notre etude est de comprendre les perceptions et les savoirs des populations de la province du Kenedougou (Burkina Faso) concernant ces plantes et leurs huiles. La methodologie utilisee est une combinaison de l’approche participative sociale et d’enquetes ethnobotaniques. Au total, 336 personnes ont ete interrogees au sein de quatre groupes communautaires (Toussian, Siamou, Bolon et Peulh) a travers 14 villages. Les resultats revelent 11 plantes oleagineuses connues, parmi lesquelles quatre representent 94 % de l’ensemble des citations. Le savoir sur les especes ne varie significativement que selon l’age (Χ2 = 8,11 ; p = 0,0173). Ce sont les adultes et les aines qui disposent plus de savoir sur ces especes. Les femmes sont les principales detentrices des savoirs sur les techniques d’extraction des huiles et leur transformation (Χ2 = 19,79 ; p < 0,001). Ces techniques sont connues pour sept especes mais elles ne sont effectivement appliquees que pour l’extraction des huiles de quatre especes : Vitellaria paradoxa, Elaeis guineensis, Carapa procera et Lophira lanceolata. Les huiles des 11 especes citees sont principalement utilisees dans la medecine (47 %), l’alimentation (37 %) et la cosmetique (16 %). La preference des communautes pour les huiles est influencee par leurs utilisations mais egalement par le savoir sur la technique d’extraction, la facilite de cette technique et le rendement en huile extractible de la graine. Les valeurs du Facteur consensus d’informateurs (68 %) revelent que les especes que les populations consentent a preserver sont celles qui sont les plus utilitaires. La promotion de l’huile de ces plantes pourrait etre un atout pour leur preservation.

Mots-clés : savoirs locaux, plantes locales, plantes oléagineuses, préférences communautaires, valeur d’utilisation, Burkina Faso.


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LES CERNES DANS LES BOIS TROPICAUX AFRICAINS, NATURE ET PÉRIODICITÉ : PEUVENT-ILS RÉVÉLER L’ÂGE DES ARBRES ?

A. Mariaux I. Bossanyi (Trans.)

Dans une démarche de planification de l’exploitation forestière, il est nécessaire de connaître à quel âge les arbres africains peuvent être exploités, ceci autant pour le bois d’oeuvre en forêt dense humide que pour le bois énergie en savane. Or, le suivi de la croissance sur plusieurs années est rarement assuré. Les cernes de croissance peuvent-ils dès lors fournir une estimation au moins approximative de l’âge des arbres exploitables ? Cet article méthodologique publié en français il y a bientôt 40 ans, aujourd’hui traduit en anglais, présente d’abord de manière générale et dans une première partie la nature et l’anatomie des cernes des arbres de bois africains. Il précise alors de quelle manière ces cernes, quand ils sont peu visibles à la loupe, peuvent être individualisés et comptabilisés par traitement mécanique de surface puis radiographie aux rayons X. La seconde partie est consacrée aux moyens de déterminer la périodicité de formation des cernes. Elle intègre bien entendu la difficulté principale représentée, pour une même espèce tropicale, par le décalage entre la croissance végétative et la succession des saisons. Diverses méthodes ont été utilisées dès les années 1920 pour analyser la dynamique de formation du bois chez des essences forestières tropicales. Les prélèvements périodiques de cambium réalisés en tournant autour de l’arbre constituent une méthode intéressante, cependant destructive. Des incisions pratiquées dans l’écorce laissent dans le bois des cicatrices qui permettent de dater différents points dans le bois. Une autre méthode consiste à pratiquer une incision annuelle et à poser un ruban dendrométrique autour de l’arbre, dont le suivi régulier et mensuel permet de révéler les périodes de formation du bois. Deux ans d’observation suffisent à obtenir de bons résultats.

Mots-clés : cernes, croissance, diamètre exploitable, rayon X, bois tropicaux, Afrique.


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LA RECHERCHE AGRONOMIQUE POUR LE DÉVELOPPEMENT

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