Bois et forêts des tropiques

Résumés et articles : n° 324
(2e trimestre 2015)


Tous les résumés
(en français, en anglais et en espagnol)

Nouveau numéro

Numéro 324


 

LA PLACE DE IRVINGIA GABONENSIS DANS LES COMMUNAUTÉS VILLAGEOISES AUTOUR DU PARC NATIONAL DE LOBEKE AU CAMEROUN

R. G. Caspa, J. P. Mate Mweru, M. Ngang Ngwa

Le manguier sauvage, Irvingia gabonensis, est une des essences les plus exploitées pour des produits forestiers non ligneux aux alentours du Parc national de Lobeke au Cameroun. Une enquête auprès des cueilleurs montre que les fruits sont ramassés en forêt à même le sol, ce qui entraîne des risques élevés d’attaque par des gorilles (100 %) et nécessite de longs séjours en campement (87 %). Tous les cueilleurs conservent cette essence, la plupart (82 %) en protégeant les semis spontanés, mais ne s’intéressent pas à la plantation. Cependant, près de 68% des cueilleurs indiquent qu’ils l’envisageraient. L’amande de Irvingia gabonensis est considérée par les cueilleurs comme la deuxième ressource alimentaire (98 %) et la première source de revenus (93 %) parmi les quatre principaux produits forestiers non ligneux de la région. Un inventaire a été réalisé pour évaluer l’abondance de l’essence dans trois systèmes forestiers : la zone protégée, une forêt de production villageoise (forêt naturelle comprise dans le domaine forestier non-permanent et gérée par une communauté villageoise avec l’appui du service forestier) et une zone agroforestière (jachères et associations de cultures/ cacao), dans 6 x 3 parcelles de 1 ha. La production fruitière a été estimée en comptant les fruits pendant les collectes. La croissance et la survie des plantules n’ont été estimées que dans la zone protégée en raison de la rareté des jeunes plants dans la forêt de production et la zone agroforestière. La densité moyenne des I. gabonensis s’établit à 3,3 arbres/ha, sans écart significatif entre les trois systèmes forestiers. Le diamètre moyen à hauteur de poitrine ne varie pas significativement entre les trois systèmes, ni la production fruitière moyenne. Le taux de survie des semis baisse à 70 % dans la zone protégée au bout de 18 mois. La présence majoritaire d’arbres de diamètre moyen à élevé indique que la ressource se maintiendra pendant quelque temps, mais la quasi absence de jeunes individus permettant de régénérer ces peuplements vieillissants compromet la ressource à plus long terme. L’intensité de la cueillette conduit à recommander l’intégration de cette essence dans les exploitations agricoles villageoises.

Mots-clés : Irvingia gabonensis, ressource vivrière, productivité, Parc national de Lobeke, Cameroun.


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GESTION PARTICIPATIVE DES FORÊTS : ÉVALUATION DE L’EFFICACITÉ DES COMITÉS PAYSANS-FORÊTS DANS L’EST-CAMEROUN

J. F. Kouedji Monthé, A.-C. Pial, G. M. Nguenang, G. A. Fomou Nyamsi

Le secteur forestier camerounais joue un rôle très important dans l’économie nationale et assure un ensemble de fonctions sociales et environnementales. Dans le souci de gérer ce secteur de manière durable et participative, la loi forestière, fruit de l’opérationnalisation des recommandations du sommet de Rio de Janeiro, prévoit l’implication des Comités paysans-forêts (CPF), structures représentatives des populations locales, dans la gestion forestière. Cet article se propose de tirer les leçons de la gestion participative des forêts à travers l’évaluation de l’efficacité des CPF de deux départements de la région de l’Est-Cameroun, la Boumba et Ngoko et la Kadey. L’évaluation de ces CPF a été conduite sur la base des dispositions légales énoncées dans la décision n° 1354/D/MINEF/CAB du 26 novembre 1999, de laquelle six critères d’évaluation et 20 indicateurs de performance ont été tirés. Les données collectées sur le terrain laissent entrevoir de nombreux dysfonctionnements : inexistence des CPF dans certaines localités sujettes à l’exploitation forestière, absence de document normatif et statutaire pour la majorité des CPF, insuffisance des ressources financières autonomes, faible collaboration avec les autres acteurs de la gestion forestière et déséquilibre dans la représentativité des différentes composantes sociales au sein des bureaux. L’analyse des écarts montre que les niveaux de conformité des CPF avec les exigences légales dans les départements ciblés sont très faibles. Aucun critère n’est conforme et 65 % des indicateurs présentent des niveaux de conformité nuls. En définitive, les objectifs assignés aux CPF ne sont pas atteints, ce qui met en évidence leur inefficacité. Des pistes d’amélioration sont proposées autour de l’information, de l’autonomisation et de la formation des CPF.

Mots-clés : gestion participative, forêt, comité paysans-forêts, Cameroun.


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IDENTIFICATION DES MOTEURS DE DÉFORESTATION DANS LA RÉGION D’ISANGI, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

S. Katembera Ciza, J.-F. Mikwa, A. Cirhuza Malekezi, V. Gond, F. Boyemba Bosela.

La présente étude analyse la perte du couvert forestier dans la zone du projet pilote REDD+ intégré d’Isangi entre 2002 et 2010. La région est l’une des zones de la République démocratique du Congo où les ressources naturelles sont soumises à une forte pression anthropique. Cette étude a permis, grâce aux techniques de détections multi-temporelles des changements combinées aux enquêtes menées sur le terrain, de cartographier les différentes classes d’occupation des sols mais aussi de déterminer les zones les plus affectées par la perte du couvert forestier. Le taux annuel de déforestation est évalué à 0,13 % (330 ha par an) et les émissions associées représentent environ 196 000 tonnes de CO2 par an. Les résultats des entretiens auprès des villageois indiquent que les principales causes de la déforestation et de la dégradation des forêts sont l’agriculture itinérante sur brûlis et l’exploitation de bois (bois de chauffage, charbon de bois et bois de construction). Les préconisations afin de ralentir le phénomène de déforestation dans la région sont d’améliorer la production agricole, de formaliser l’exploitation de bois et de diversifier les sources d’approvisionnement des produits ligneux.

Mots-clés : taux de déforestation, émissions de CO2, REDD+, télédétection, causes de déforestation, occupation des sols, République démocratique du Congo.


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LE GORILLE EST-IL BON JARDINIER ? PREUVES DE L’EXISTENCE DE DISPERSION DIRIGÉE AU SUD-EST DU GABON

B. HAUREZ, Y. BROSTAUX, C.-A. PETRE, J.-L. DOUCET

Dans les forêts tropicales d’Afrique centrale, le gorille des plaines occidentales dépose la plupart des graines qu’il disperse dans des nids bien éclairés propices à la croissance de plantules, laquelle est susceptible d’être renforcée par l’effet fertilisant des matières fécales entourant les graines. Cet effet fertilisant n’avait jamais été testé. Notre étude visait ainsi à déterminer si le dépôt de graines par les gorilles (i) dans une matrice fécale et (ii) dans leurs nids présente un avantage pour le développement des plantules (taux de croissance et de foliation) et pour leur survie (% de plantules survivantes). Pour évaluer l’effet de la matrice fécale, des graines de Santiria trimera (Burséracée), Chrysophyllum lacourtianum (Sapotacée) et Plagiostyles africana (Euphorbiacée) recueillies dans des déjections de gorilles ont été semées en pépinière avec et sans matrice fécale. Des plantules de Santiria trimera et Dacryodes normandii (Burséracées) ont été installées dans des nids et en forêt de terra firme à couvert fermé afin d’évaluer l’impact du dépôt de graines sur le développement et la survie des plantules. Nos observations montrent une influence positive de la matrice fécale sur le développement des plantules des essences étudiées, mais aucun effet sur leur survie. Concernant les sites de dépôt, les taux de croissance observés étaient de deux à dix fois plus élevés dans les nids qu’en forêt à couvert fermé. Le développement accru des plantules est corrélé positivement avec l’ouverture du couvert forestier. Des études in situ de la germination et de la croissance et la survie des plantules sont nécessaires pour mieux caractériser le destin des graines dispersées par les gorilles. Cependant, nos résultats tendent à prouver que les gorilles jouent un rôle de dispersion dirigée important dans les forêts à couvert ouvert.

Mots-clés : Gorilla gorilla gorilla, effet fertilisant, dispersion dirigée, comportement de nidification, dispersion des graines, croissance des plantules, survie des plantules, Gabon.


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CARACTÉRISTIQUES BIOPHYSIQUES DU BOIS DE PTEROCARPUS ERINACEUS (POIR.) EN ZONES GUINÉENNE ET SOUDANIENNE AU TOGO

K. N. Segla, A. D. Kokutse, K. Adjonou, P. Langbour, G. Chaix, D. Guibal, K. Kokou

Pterocarpus erinaceus (Poir.) est l’une des espèces des domaines climatiques soudanien et guinéen du Togo. Son importance socio-économique tient à ses nombreuses utilisations. Toutefois, la sylviculture et les propriétés technologiques du bois sont mal connues. C’est dans ce contexte qu’un travail a été mené pour déterminer les propriétés physiques et mécaniques (densité, retraits, PSF, MOE, MOR, compression, dureté) de son bois en relation avec les conditions du milieu. Les résultats observés sur les bois de 19 arbres, âgés de 18 à 60 ans environ, prélevés dans deux zones écologiques (Parc de la Kéran, zone soudanienne ; Abdoulaye, zone guinéenne), montrent des différences de densité, d’infra-densité, de contrainte de rupture en compression et d’anisotropie des retraits. Ces propriétés sont plus élevées à Kéran qu’à Abdoulaye. Pour les retraits, le PSF, le MOE, la contrainte de rupture en flexion et la dureté, il n’y a pas de différence significative entre les deux sites. Cette étude met en évidence des corrélations attendues entre la densité et la dureté. Elle montre aussi que les propriétés physiques et mécaniques du bois de vène sont très peu influencées par l’âge cambial.

Mots-clés : Pterocarpus erinaceus, propriétés physiques et mécaniques, milieux, Togo.


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IMPACTS DE LA SITUATION GÉOGRAPHIQUE ET DES CONDITIONS FORESTIÈRES SUR LES PROPRIÉTÉS PHYSIQUES ET MÉCANIQUES DU BOIS DE PINUS PINEA L. EN TUNISIE DU NORD

M. T. Elaieb, A. Khaldi, K. Candelier

Les pins Pinea sont utilisés depuis l’ère préhistorique pour leurs pignons de pin comestibles. Plus récemment, ces pins ont été introduits en tant qu’essence ornementale dans les régions à climat méditerranéen, où ils sont fréquents dans les parcs et jardins. Cependant, dans le Maghreb, ils se sont naturalisés au-delà des villes au point d’être classés comme essence invasive. De par ses dimensions (au moins 15- 20 m de hauteur et 30-40 cm de diamètre), Pinus pinea offre un potentiel intéressant comme source de bois d’oeuvre en Tunisie. Cette étude visait à analyser les effets de la situation géographique et des conditions forestières sur certaines propriétés physiques et mécaniques du bois de Pinus pinea dans le nord de la Tunisie. Les échantillons analysés ont été recueillis dans quatre sites différents, sur 87 parcelles classées selon la densité des arbres et les paramètres de fertilité des sols. Des mesures de densité, de retrait et teneur en eau ont été effectuées sur chacun des échantillons, ainsi que des tests de résistance mécanique. Les premiers résultats indiquent un rapport stable entre les dimensions et la densité du bois de Pinus pinea tunisien. Cependant, le module de rupture (MOR) en flexion et en compression est plus faible que pour d’autres résineux en Tunisie, quelles que soient la situation géographique et la fertilité des sols. L’analyse de régression linéaire montre que la densité des peuplements est le seul paramètre ayant une influence significative sur la variabilité des propriétés du bois, à l’exception de la stabilité dimensionnelle et le retrait volumique. Nos résultats indiquent que la densité croissante des peuplements de Pinus pinea est un paramètre forestier déterminant pour les propriétés physiques et mécaniques du bois de cette essence. Il y aurait ainsi intérêt à améliorer les conditions forestières pour obtenir un bois de meilleure qualité.

Mots-clés : Pinus pinea L., bois d’oeuvre, module de rupture (MOR), propriétés physiques et mécaniques, bois, Tunisie, forêt méditerranéenne.


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LA RECHERCHE AGRONOMIQUE POUR LE DÉVELOPPEMENT

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