Bois et forêts des tropiques

Résumés et articles : n° 321
(3e trimestre 2014)


Tous les résumés
(en français, en anglais et en espagnol)

Nouveau numéro

Numéro 321


 

ÉVOLUTION DE LA STRUCTURE D’UN SYSTÈME AGROFORESTIER EN RELATION AVEC LE CYCLE DE VIE FAMILIAL : CAS DU JARDIN DE CASE EN HAÏTI

S. Jean-Denis, D. Jean-Pierre, M. Mutel, H. Duchaufour, C. Langlais, P. Fernandes, M.-E. Alphonse, E. Malézieux

Le jardin créole, communément appelé jardin lakou en Haïti, est un système agroforestier multistrates et à usages multiples. Ce système de culture ancien continue à occuper une place prépondérante dans le paysage agraire et dans l’équilibre des petites exploitations agricoles des zones de montagne, notamment dans le contexte de crise écologique, économique et sociale que traverse le pays. Cet article cherche à déterminer les facteurs qui orientent la structure de la végétation du jardin lakou et son rôle dans les exploitations agricoles. L’étude a été menée sur deux petites régions agricoles : Salagnac et Lavallée de Jacmel. L’analyse a confirmé la grande richesse spécifique des jardins lakou avec un total de 69 espèces potentiellement utilisables et le rôle central du jardin dans les fonctions essentielles d’autosuffisance alimentaire et d’auto-approvisionnement en produits non alimentaires des exploitations agricoles haïtiennes de montagne. Ce travail met en évidence l’influence du mode de tenure foncière et du mode de transmission sur la trajectoire d’évolution et la pérennisation du jardin lakou. Il a ainsi été montré que les différentes structures écologiques (composition, organisation) observables dans les jardins sont liées aux stades de développement de l’exploitation agricole (implantation, croissance, héritage, etc.).

Mots-clés : jardin de case, jardin lakou, jardin créole, agroforesterie, biodiversité, rôle, exploitation agricole familiale, Haïti.


Télécharger
l'article

DIVERSIFICATION DES CULTURES PÉRENNES DANS LES PLANTATIONS D’HÉVÉA POUR AUGMENTER LES REVENUS DES PETITS PRODUCTEURS DE CAOUTCHOUC DU SUD DE LA THAÏLANDE

V. Jongrungrot, S. Thungwa, D. Snoeck

Le caoutchouc est une culture de rente importante pour la plupart des petits agriculteurs. En Thaïlande, plus de 95 % du caoutchouc est produit par les petits agriculteurs qui cultivent principalement l’hévéa en monoculture (90 % des plantations). Mais du fait de la fluctuation des prix, la monoculture est de plus en plus souvent remplacée par des systèmes agroforestiers à base d’hévéa (SAFhévéa). Cette étude a pour objectif d’évaluer les principales trajectoires des agriculteurs qui passent de la monoculture au SAF-hévéa. Les résultats montrent qu’ils suivent quatre trajectoires : conversion de leur verger de fruitiers en SAF-hévéa ; conversion de leur parcelle forestière en SAF-hévéa ; conversion de leur monoculture d’hévéa en SAF-hévéa ; création d’un SAF-hévéa dès la plantation. Il est également constaté que les planteurs pratiquent sept types d’association en fonction de l’utilisation économique des arbres intercalaires. L’étude économique a été complétée par une analyse SWOT (Strengths, Weaknesses, Opportunities and Threats) pour élaborer des lignes directrices qui permettront d’améliorer les plantations à base d’hévéa.

Mots-clés : caoutchouc, hévéa, agroforesterie, bien-être social, marge, productivité du travail, revenu agricole, Thaïlande.


Télécharger
l'article

CACAO ET VIN DE PALME EN CÔTE D’IVOIRE : UN FACTEUR DE RÉSILIENCE INATTENDU

F. Ruf

La vigueur du palmier à huile sauvage est telle que cette espèce fait presque figure de « mauvaise herbe » dans les plantations de cacao négligées ou abandonnées. Pourtant, le palmier à huile en Afrique de l’Ouest est très apprécié pour la production de vin de palme, et pourrait permettre aux agriculteurs de compléter et diversifier leurs revenus. Dans le centre- ouest de la Côte d’Ivoire, la reprise du palmier à huile sauvage dans les anciennes plantations de cacao a joué un rôle important dans les années 1990, lorsque les paysans se sont trouvés confrontés à l’effondrement des cours du cacao et à des conflits d’héritage, qui ont entraîné l’abandon de nombreuses plantations de cacao où la densité des palmiers à huile a rapidement augmenté. L’abattage des palmiers permettait de produire du vin de palme pour la vente et l’autoconsommation, générant ainsi des revenus, réduisant les risques et créant de l’emploi et de nouveaux dispositifs intergénérationnels et institutionnels. Dans les régions tropicales humides, les plantes d’importance économique locale comme les palmiers à huile peuvent accroître la résilience des agriculteurs aux chocs extérieurs. Au lieu de concentrer les efforts sur la seule intensification, il conviendrait d’évaluer les cultures de relais et leur impact sur la résilience de l’arboriculture sur l’ensemble du cycle de vie des exploitations.

Mots-clés : services environnementaux, portefeuille arboricole, cycle de vie familial, diversification, cultures de relais, renouvellement intergénérationnel, Côte d’Ivoire.


Télécharger
l'article

VALEURS D’USAGE DES LIGNEUX UTILISÉS EN AGROFORESTERIE : LES CACAOYÈRES DU CENTRE-CAMEROUN

P. Jagoret, J. Kwesseu, C. Anicet Messie, I. Michel, E. Malézieux

En zone tropicale humide, la valeur des systèmes agroforestiers pour les agriculteurs est souvent difficile à évaluer. À partir d’un inventaire floristique réalisé dans 14 cacao - yères agroforestières du Centre-Cameroun, l’article propose leur évaluation participative basée sur la méthode de distribution des cailloux mobilisée pour quantifier la valeur accordée par les agriculteurs à chaque espèce en fonction des usages attribués. Au total, 86 espèces ligneuses ont été inventoriées. Les cinq espèces les plus fréquentes ont été le safoutier, Dacryodes edulis, avec 18 % des arbres inventoriés, l’avocatier, Persea americana, avec 11 %, le fraké, Terminalia superba, avec 10 %, le figuier, Ficus mucoso, avec 5 %, et Albizia adianthifolia, avec 3 %. Vingt-deux espèces (26 %) n’ont eu aucun usage pour les agriculteurs qui ont défini sept usages différents pour les autres espèces inventoriées. Parmi ces espèces, la valeur d’usage la plus élevée a été attribuée au cacaoyer (20 %). Ensuite, par ordre décroissant, les cinq espèces qui ont eu les valeurs d’usage les plus élevées ont été l’ayous, Triplochyton scleroxylon, le sapelli, Entandrophragma cylindricum, le safoutier, Dacryodes edulis, le palmier à huile, Elaeis guineensis, et le manguier, Mangifera indica. Le profil d’usage des cacaoyères a montré qu’elles sont principalement pilotées par les agriculteurs pour la vente de produits ligneux et non ligneux, l’autoconsommation de produits non ligneux et de produits médicinaux. Les résultats indiquent que les innovations techniques visant à améliorer les systèmes agroforestiers cacaoyers doivent tenir compte de leur complexité et de leur plurifonctionnalité.

Mots-clés : Theobroma cacao L., agroforesterie, connaissances locales, gestion des ressources naturelles, évaluation participative, méthode de distribution des cailloux, Cameroun.


Télécharger
l'article

SYSTÈMES AGROFORESTIERS À CACAOYERS ET TRANSITION CAPITALISTE : L’EXEMPLE DU CENTRE-CAMEROUN

P. Pédelahore

La production cacaoyère camerounaise est issue de systèmes agroforestiers complexes. Après une longue période de stagnation entre 1963 et 1993, cette production a doublé entre 1993 et 2013. Quels sont les exploitants agricoles qui portent ces dynamiques d’accroissement de la production cacaoyère ? Sur quels moyens de production et stratégies se sont-ils appuyés pour parvenir à relancer cette filière et à en doubler la production sur une aussi courte période ? Pour contribuer à apporter des éléments de réponse à ces questions, des entretiens semi-directifs ont été conduits auprès de 82 planteurs représentatifs de la diversité du principal bassin de production, dans la région Centre. Les résultats obtenus montrent que l’essor de la production cacaoyère de la zone étudiée repose en grande partie sur la montée en puissance des formes patronale et capitaliste de la production agricole. Ces planteurs d’un genre nouveau investissent d’importants volumes de capitaux financiers d’origine urbaine dans la création de grandes plantations dans les zones de fronts pionniers. Ces résultats incitent à analyser l’évolution de ces systèmes agroforestiers en portant une plus grande attention qu’auparavant aux interactions entre les différentes formes de production (familiale, patronale, capitaliste) et entre les trajectoires d’accumulation en capital qui se développent en milieu rural et en milieu urbain.

Mots-clés : agroforesterie, cacao, accumulation en capital, Cameroun.


Télécharger
l'article

RÉGÉNÉRATION NATURELLE ASSISTÉE ADAPTÉE À L’AGRICULTURE SUR BRÛLIS : RÉSULTATS EN RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

R. Peltier, E. Dubiez, S. Diowo, M. Gigaud, J.-N. Marien, B. Marquant, A. Peroches, P. Proces, C. Vermeulen

La majorité des impacts anthropiques sur les forêts tropicales naturelles en Afrique centrale est liée à l’agriculture itinérante et à l’extraction du bois de feu en zone périurbaine. Cela est en particulier le cas autour de Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC). C’est pourquoi, en 2010, la Régénération naturelle assistée (RNA) a été adaptée et testée par le Projet Makala dans le bassin d’approvisionnement en bois de feu de cette ville, pour améliorer les systèmes de culture sur abattis-brûlis et contribuer à l’enrichissement des jachères forestières. Avant la défriche, des arbres utiles sont sélectionnés pour être protégés. Puis, pendant la période de culture, la germination et la multiplication par rejets de souche et drageons des espèces forestières locales préexistantes sont favorisées par des pratiques de sarclages sélectifs, d’éclaircies et d’élagages. Le suivi de ces tests montre une faible survie des vieux arbres conservés lors du défrichement pour les cultures, en raison de la difficulté de contrôle des feux lors du brûlis, ce qui limite l’applicabilité de cette technique à la périphérie des parcelles, sous forme d’enrichissement progressif de haies bocagères. Par contre, à l’intérieur des parcelles, les rejets de souche exploités et les drageons des espèces forestières naturelles, protégés par RNA au moment des sarclages, ont montré une croissance rapide qui permet, à faible coût, d’installer rapidement une jachère ligneuse. En 2014, trois ans et demi après le brûlis, ces jachères ont une biodiversité et une biomasse supérieures à celles des jachères non gérées par RNA. Une meilleure productivité en charbon et en produit agricole ainsi qu’une réduction de la savanisation des espaces forestiers sont espérées. Cependant, l’acceptation sociale, qui est un facteur critique pour la diffusion d’une telle innovation à grande échelle, reste à étudier, en relation avec l’évolution possible des droits fonciers traditionnels et modernes.

Mots-clés : régénération naturelle assistée, agroforesterie, jachères améliorées, charbon de bois, bois-énergie, amélioration des systèmes agraires sur brûlis, République démocratique du Congo.


Télécharger
l'article



LA RECHERCHE AGRONOMIQUE POUR LE DÉVELOPPEMENT

Informations légales - Dernière mise à jour : octobre 2017
© Cirad 2001 - Contact : bft@cirad.fr