Bois et forêts des tropiques

Résumés et articles : n° 320
(2e trimestre 2014)


Tous les résumés
(en français, en anglais et en espagnol)

Nouveau numéro

Numéro 320


 

ADANSONIA MADAGASCARIENSIS, UNE HYPOTHÈSE D’HYDROCHORIE MARINE

C. Cornu, W. Ramahafaly, P. Danthu

Des fruits d’Adansonia madagascariensis ont été trouvés en mai 2011 sur la plage d’Anjiabe au Nord de Madagascar. Les traces présentes sur les fruits et l’absence de peuplements de l’espèce sur cette côte indiquent qu’ils ont séjourné longtemps en mer. La viabilité des graines contenues a été évaluée et comparée à celle de graines collectées sous des semenciers. Les résultats montrent que leur potentiel germinatif n’est pas altéré par un séjour en mer et que leur germination est possible, voire favorisée dans les zones tidales. Ces premiers résultats confirment l’hypothèse d’une hydrochorie maritime pour cette espèce. Ils montrent que les fruits de baobab peuvent séjourner en mer et conserver des graines viables pour coloniser de nouveaux espaces. Ils pourraient ainsi expliquer la fréquente présence de cette espèce le long du littoral malgache et celle, bien que plus rare, sur les côtes mahoraises.

Mots-clés : Adansonia madagascariensis, baobabs, fruits, hydrochorie marine, graines, germination, biogéographie, Madagascar.


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EUCALYPTUS ROBUSTA POUR UNE PRODUCTION DURABLE DE BOIS ÉNERGIE À MADAGASCAR : BILAN DES CONNAISSANCES ET PERSPECTIVES

D. Verhaegen, H. Randrianjafy, H. Rakotondraoelina Andriatsitohaina, M.-C. Trendelenburg Rakotonirina, N. Andriamampianina, P. Montagne, A. Rasamindisa, G. Chaix, J.-P. Bouillet, J.-M. Bouvet

Dès son introduction à Madagascar, Eucalyptus robusta a été retenu comme espèce de reboisement pour sa remarquable capacité d'adaptation. L’extension de sa plantation par les populations rurales a abouti à la création d’un massif de près de 140 000 hectares autour d’Antananarivo. Son bois est devenu la principale source d’énergie utilisée par les ménages urbains et ruraux malgaches. Mais aujourd’hui, la production durable de cette ressource est gravement menacée. Le marché déficitaire et la pauvreté des populations rurales amènent les propriétaires forestiers à exploiter leurs taillis avec des rotations de plus en plus courtes, parfois inférieures à 2 ans. Cette surexploitation induit un gaspillage des éléments minéraux qui ne sont pas compensés par des apports extérieurs de nutriments. La production de charbon de bois se poursuit à partir de meules traditionnelles dont le rendement pondéral n’est que de 10 % environ. Le doublement de ce rendement par des méthodes simples permettrait pourtant de diminuer les superficies de forêt exploitées chaque année. À 6 ans, l’accroissement moyen annuel en volume commercial bois fort sur écorce des taillis anciens est de 18,8 m3/ha/an. Les meilleures provenances importées récemment permettent de doubler le volume moyen individuel des arbres à 9 ans. Des vergers à graines ont été plantés avec plusieurs provenances de l’aire naturelle pour créer des variétés composites. Cependant, des fécondations préférentielles intra-provenances et des pollutions par le pollen extérieur affectent fortement la qualité des variétés produites. Pour l’extension du massif d’eucalyptus, les populations rurales continuent à utiliser des graines locales ou planter des sauvageons. Ces plantations en E. robusta devront continuer à produire du bois malgré les modifications biotiques et abiotiques déjà constatés à Madagascar. Face à ces changements, les technologies modernes peuvent aider la recherche forestière à proposer un système durable de production de bois énergie autour des grands centres urbains. Cela aurait pour effet de maintenir un revenu régulier participant à la survie des populations rurales.

Mots-clés : Eucalyptus robusta, amélioration génétique, économie, gestion des plantations, changements globaux, Madagascar


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ADAPTATION ET VARIABILITÉ GÉNÉTIQUE DE LA CROISSANCE DE LIQUIDAMBAR STYRACIFLUA L. DE L’ESSAI DE PROVENANCES À MANDRAKA, MADAGASCAR

H. Rakotovololonalimanana, H. Rakotondraoelina, G. Chaix, L. Ramamonjisoa, M.-F. Thevenon, H. Randrianjafy, T. Ramananantoandro

Liquidambar styraciflua ou copalme d’Amérique est une espèce feuillue originaire du Sud-Est des États Unis d’Amérique et de l’Amérique Centrale. L’espèce possède un comportement remarquable en plantation et les propriétés de son bois en font un matériau à usage multiples. En 1986, dans le cadre d’un essai international de provenances de Liquidambar styraciflua, le Commonwealth Forestry Institute (CFI) d’Oxford a diffusé dans plusieurs pays (Brésil, Mexique, Madagascar) des graines de treize provenances récoltées essentiellement dans l’aire de distribution naturelle de l’espèce dans l’Est des États-Unis d’Amérique, du Mexique et de l’Amérique centrale. À Madagascar, le Département des Recherches Forestières et Piscicoles (DRFP-FOFIFA) les a plantées à Mandraka (Madagascar). Des données annuelles de la croissance ont été collectées durant 25 ans ; cependant les résultats n’ont pas encore été publiés contrairement à ceux du Brésil et du Mexique. Il s’agit ici d’évaluer l’adaptation de l’essence à Mandraka et d’étudier la variabilité intraspécifique de sa croissance. Jusqu’à 25 ans, la croissance de l’espèce est régulière pour atteindre en moyenne 26 m en hauteur, 38 cm en diamètre et 0,12 m²/arbre en surface terrière. Les valeurs moyennes des provenances pour ces mêmes caractéristiques et la surface terrière sont significativement différentes. L’héritabilité au sens large à 25 ans est de 0,76, 0,60 et 0,63 respectivement pour la hauteur, le diamètre et la surface terrière, montrant un contrôle génétique de la croissance. Dans des conditions écologiques similaires et à âges équivalents, la croissance de L. styraciflua est équivalente à celle des espèces du genre Eucalyptus et supérieure à celle des Pinus. Par rapport aux essais internationaux du CFI, l’essai de provenances de L. styraciflua dans le site de la Mandraka montre une meilleure adaptation et une bonne croissance de l’espèce.

Mots-clés : Liquidambar styraciflua, caractères de croissance, adaptation, essai de provenances, Madagascar.


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ENJEUX ET CONSÉQUENCES DE LA VANNERIE DANS LES AIRES PROTÉGÉES DE MADAGASCAR

S. Guillaud, C. Vermeulen

La Réserve spéciale de Manombo (Sud-Est de Madagascar) est un cas typique de zone de conflits entre conservation de l’environnement et développement rural. Elle contient un vestige de forêt littorale subissant des pressions constantes exercées par les populations riveraines qui, faute d’alternatives économiques, dépendent fortement de leur environnement. La vannerie représente une activité traditionnelle importante et les peuplements de Lepironia mucronata (mahampy), Cypéracée utilisée dans la vannerie, subissent une collecte excessive de tiges. Dans ce travail, trois peuplements de L. mucronata ont été étudiés afin d’évaluer l’impact de la vannerie sur cette ressource. Pour cela, des mesures de hauteur, de diamètre et de densité de tiges ont permis d’évaluer la productivité de chaque peuplement, et ainsi des différences ainsi significatives ont été constatées entre les trois marais. Parallèlement, une méthode indirecte d’estimation a été mise au point pour évaluer la pression annuelle sur les marais, exprimée en nombre de femmes venant se fournir en tiges. Outre confirmer la surexploitation de cette ressource par la vannerie, cette approche permet de déduire le nombre maximal de femmes pouvant se procurer des tiges sans menacer la régénération naturelle de L. mucronata. Enfin, des enquêtes socioéconomiques réalisées auprès des ménages et des commerçantes ont permis d’analyser la filière vannerie traditionnelle ainsi que les retombées économiques dans la région. Cela a permis de mettre en évidence le rôle primordial de cette activité, qui procure souvent les seuls revenus monétaires de nombreux ménages ruraux.

Mots-clés : Lepironia mucronata Rich., vannerie, filière, pressions anthropiques, ressources naturelles, produit forestier non ligneux (PFNL), Atsimo-Atsinanana, Madagascar.


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UTILISATIONS VILLAGEOISES ET POTENTIALITÉS TECHNOLOGIQUES DES BOIS DE FORÊTS SECONDAIRES DANS LE MENABE CENTRAL, MADAGASCAR

V. Razafintsalama, T. Ramananantoandro, C. Belloncle, G. L. Rajoelison, J.-P. Sorg

Les forêts secondaires sont actuellement des composantes importantes de nombreux paysages forestiers. Dans le Menabe central, au Sud-Ouest de Madagascar, la valorisation des forêts secondaires permet de mieux assurer le maintien des forêts primaires qui ont tendance à se raréfier et qui sont actuellement intégrées dans un système de gestion plus stricte à travers la mise en place d’une aire protégée. Cette étude a été menée pour mieux connaître les utilisations villageoises et les potentialités des forêts secondaires dans la région du Menabe. L’approche socio-économique a permis d’identifier trois types d’utilisations des bois prélevés dans les forêts secondaires : les constructions permanentes, les constructions légères et les sources d’énergie. Trois espèces de forêts secondaires ont été identifiées comme prioritaires dans les choix des villageois : Rhopalocarpus lucidus, Ziziphus mauritiana et Grewia picta. L’analyse des caractères physico-mécaniques des bois de ces trois espèces a mis en évidence des propriétés technologiques intéressantes, comparables aux quatre espèces de référence devenues rares ou absentes dans leur zone de prélèvement : Hernandia voyroni, Dalbergia spp., Cedrelopsis grevei, Commiphora mafaiboa. Ces forêts secondaires méritent désormais d’être prises en compte et valorisées dans le cadre des politiques de gestion forestière au niveau national et international pour assurer leur durabilité.

Mots-clés : bois, forêts secondaires, communautés villageoises, propriétés technologiques, espèces alternatives, Menabe central, Madagascar


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ABONDANCE DU POTAMOCHÈRE, POTAMOCHOERUS LARVATUS, DANS LES SAVANES DU NORD-OUEST DE MADAGASCAR ET RISQUES ÉPIDÉMIOLOGIQUES ASSOCIÉS

A. Rouillé, M. Pedrono, E. Rakotomalala, V. Grosbois, R. Ramy-Ratiarison, F. Roger

Le potamochère, Potamochoerus larvatus, est un réservoir sauvage potentiel de maladies enzootiques à Madagascar. Parmi celles-ci, la peste porcine africaine (Ppa) est une des plus inquiétantes. Diagnostiquée dans ce pays depuis 1998, cette maladie virale majeure d’un point de vue socio-économique est inféodée aux suidés et y est encore aujourd’hui très répandue. La caractérisation des voies de transmission du virus entre potamochères et porcs domestiques est une étape préliminaire indispensable à la mise en oeuvre d’une prophylaxie sanitaire contre la Ppa. Cette étude a pour objectif de préciser le risque de transmission de la maladie entre potamochères et porcs domestiques dans les savanes périphériques du Parc national de l’Ankarafantsika, dans le Nord-Ouest de Madagascar, où sont présents de nombreux élevages porcins. La méthode des Indices kilométriques d’abondance a permis de mettre en évidence une augmentation significative de l’abondance de ces suidés sauvages hors de la forêt durant la période de fructification de Strychnos spinosa. Le risque de transmission de la Ppa durant cette période apparaît donc plus élevé dans les sites où sont présents ces arbustes. Sur le plan épidémiologique, la maturité et l’occupation spatiale de S. spinosa peuvent servir d’indicateurs de présence du potamochère dans l’ouest de Madagascar. Son utilisation pour adapter les pratiques d’élevage dans une optique de réduction des contacts pourrait limiter le risque de contamination potentielle par le virus de la Ppa ou d’autres agents pathogènes transmis par les suidés sauvages.

Mots-clés : Strychnos spinosa, peste porcine africaine, Potamochoerus larvatus, écologie, abondance, risque épidémiologique, Madagascar.


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LE GIROFLIER DE MADAGASCAR : UNE INTRODUCTION RÉUSSIE, UN AVENIR À CONSTRUIRE

P. Danthu, E. Penot, K. M. Ranoarisoa, J. C. Rakotondravelo, I. Michel, M. Tiollier, T. Michels, F. Normand, G. Razafimamonjison, F. Fawbush, M. Jahiel

Introduit à Madagascar au début du 19e siècle, le giroflier est originaire des îles Moluques en Indonésie. Malgré la sensibilité de l’essence aux risques météorologiques, tels les cyclones, et aux attaques d’un parasite local, andretra, et malgré la production variable de clous de girofle d’une année sur l’autre, son adaptation aux conditions écologiques de la côte Est de Madagascar, notamment dans la région d’Analanjirofo, est remarquable. Très vite adoptée par les paysans (certains venus s’installer mais la plupart autochtones), ceux-ci l’ont intégrée dans leurs systèmes de culture en complément aux cultures vivrières (riz, surtout) et de rapport (café et vanille). Aujourd’hui, le marché du clou de girofle est une source de revenus réguliers pour les ménages et leur assure la sécurité alimentaire. Le giroflier donne deux produits de grande valeur économique, le clou de girofle, le bouton floral séché, et l’huile essentielle de girofle produite par distillation des feuilles, dont Madagascar est le premier exportateur mondial. Avec la vanille, les produits du giroflier représentent les premiers produits agricoles d’exportation, parfois les deuxièmes, de Madagascar. Les clous de girofle s’exportent surtout en Indonésie, où ils entrent dans la fabrication d’une cigarette locale appelée kretek. Un petit volume s’exporte vers les pays du nord sous forme d’épice. L’huile essentielle de girofle est distillée dans une multitude d'alambics rudimentaires dans toute la région de production. La qualité de l’huile essentielle dépend de sa teneur en eugénol, molécule mise en oeuvre dans de nombreux secteurs économiques, dont l’industrie des cosmétiques, la pharmaceutique humaine et vétérinaire et l’industrie alimentaire. Le giroflier de Madagascar semble représenter un exemple d’intégration réussie d’une nouvelle culture dans un système de cultures existant. Cependant, les plantations de girofliers vieillissent et les conditions de leur renouvellement ne sont pas pleinement présentes. Alors que le marché du clou de girofle dépend fortement de la demande indonésienne, les perspectives sont prometteuses sur le marché mondial des épices et des produits contenant de l’eugénol. De ce fait, les pratiques actuelles et les possibilités d’adaptation et de développement du secteur Malgache de la girofle doivent être étudiées de près pour assurer l’équilibre futur entre les marchés et les besoins des paysans en termes de gestion de la ressource et de sa valorisation.

Mots-clés : giroflier, Syzygium aromaticum, clous de girofle, huile essentielle, systèmes de culture, production, exportation, évolution historique, Madagascar.


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BILAN ET PERSPECTIVES D’AJUSTEMENT POUR LES POLITIQUES DE DÉCENTRALISATION DE LA GESTION DES FORÊTS SÈCHES À MADAGASCAR ET AU NIGER

F. Rives

À Madagascar, les politiques de lutte contre la déforestation évoluent voire se confrontent au cours du temps. Dans les années 1990, les bilans des approches passées ont conduit à s’orienter vers une décentralisation de la gestion des forêts. Après quinze années d’existence, l’effet de ces politiques au niveau local a été analysé afin d’évaluer les opportunités et les contraintes offertes par ces réformes pour la gestion des forêts et pour le développement des populations rurales. Cette analyse a été mise en perspective avec une étude de cas au Niger. Les résultats en sont présentés succinctement. Les politiques de décentralisation sont analysées comme une stratégie pour faire face à un diagnostic de dégradation des forêts qui peut être assimilé à un diagnostic de vulnérabilité. Ces politiques se sont focalisées sur le bois énergie, considéré comme usage principal des forêts. Cependant, la mise en oeuvre de ces politiques au niveau local a entraîné des changements sur d’autres usages des écosystèmes forestiers en raison des interactions entre ces usages. L’article propose des pistes de réflexions pour un ajustement des politiques de décentralisation de la gestion des forêts à Madagascar et au Niger. Ces pistes consistent à intégrer la diversité des usages forestiers dans la mise en oeuvre des transferts de gestion et à développer une gestion adaptative qui émerge d’une interaction entre acteurs établie très en amont dans les processus de transfert de gestion.

Mots-clés : bois énergie, décentralisation, développement rural, gestion des forêts politique publique, Madagascar, Niger.


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LA RECHERCHE AGRONOMIQUE POUR LE DÉVELOPPEMENT

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