Bois et forêts des tropiques

Résumés et articles : n° 319
(1er trimestre 2014)


Tous les résumés
(en français, en anglais et en espagnol)

Nouveau numéro

Numéro 319


 

PLANTATIONS DE TECK, TECTONA GRANDIS L.F., EN SYLVICULTURE PAYSANNE AU SUD-BÉNIN

A. K. N. Aoudji, A. Adégbidi, J. C. Ganglo, P. Lebailly

Cette étude se place dans le cadre du système agricole pour caractériser les modes de culture du teck, Tectona grandis L.f., sur les petites exploitations au Sud Bénin, avec pour objectif de cerner des orientations politiques à même de valoriser le potentiel de la sylviculture paysanne. La question posée est la suivante : par quels moyens les petits agriculteurs intègrent-ils la sylviculture sur leurs exploitations ? Une évaluation empirique a été menée en se basant sur un échantillon de 221 petits exploitants sélectionnés par échantillonnage en grappes sur cinq communes du département de l’Atlantique. Les données ont été recueillies par le biais d’entretiens en tête-à-tête à l’aide d’un questionnaire standardisé. Une approche à variable multiples associant analyse typologique et analyse en composante principale (Acp) a permis d’établir une typologie des systèmes de plantation du teck. Cette typologie se base sur les critères suivants : objectifs de production, superficies plantées en teck, taille de l’exploitation et contribution de la main-d’oeuvre familiale à la production de bois. L’étude a permis d’identifier trois systèmes de plantation associés aux différentes stratégies d’intégration d’une activité de sylviculture paysanne. Ces trois systèmes ont été classés selon les critères suivants : « petite taille à main-d’oeuvre dominante » (33,48 % de l’échantillon), « taille moyenne à capital dominant » (37,56 %), et « grande taille à capital dominant » (28,96 %). Les exploitants se spécialisent dans la production de perches pour satisfaire la demande régionale de bois d’oeuvre à bas prix pour la construction urbaine. Les trois raisons principales motivant l’intégration des plantations de teck sont, dans l’ordre, la recherche de revenus, la satisfaction des besoins en bois de construction des ménages et la sécurisation des titres fonciers. Cependant, l’ordre des deux dernières est inversé dans le cas du système « grande taille à capital dominant ». La sécurité foncière et l’existence d’un marché domestique sont indispensables pour réussir le développement d’une sylviculture paysanne.

Mots-clés : sylviculture paysanne, système agricole, système de plantation du teck, motivation, Sud-Bénin.


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PERCEPTION LOCALE DES SOLS ET DE LEUR ÉVOLUTION DANS DES TERROIRS EN COURS DE SAVANISATION DES POPULATIONS BATANDU EN RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

E. Dubiez, T. Yamba Yamba, B. Mvolo, V. Freycon

L’agriculture d’abattis-brûlis, la production de bois énergie et l’absence de gestion des écosystèmes forestiers sont à l’origine de la dégradation et de la savanisation progressive de ces espaces. Ces phénomènes ont accentué les processus d’érosion dans les terroirs du village de Kinduala. Ils ont également conduit les populations à modifier leurs pratiques culturales en raison de la disparition progressive des espaces forestiers au profit des cultures sur savane. L’objectif de cette étude était de caractériser la perception locale des sols (typologie, évolution) par les agriculteurs d’un village de la population Batandu. Le temps de l’étude, il a été réalisé deux réunions villageoises, 36 prélèvements de sols de surface, 25 analyses physico-chimiques et étudié un profil de sol. En observant la couche superficielle du sol, les Batandu distinguent quatre types d’horizons (kanga, kibuma, nzielo, kiniengi) en fonction de leur couleur, texture et leur facilité à être travaillé lors des cultures. Ils associent préférentiellement leurs cultures avec le kibuma et le kiniengi. Les Batundu sont conscients de l’évolution de la couche superficielle de leurs sols sous l’influence des activités culturales et des pluies. Cependant, ils ne perçoivent pas clairement l’évolution de leurs sols sur une plus grande profondeur et son lien avec les processus d’érosion des sols en cours. Cette étude nous a permis d’identifier les connaissances des populations, leurs limites, et de proposer un schéma de processus d’érosion des sols. Pour freiner ce processus d’érosion des sols, des améliorations culturales devront être intégrées dans les Plans simples de gestion élaborés par les populations en complément des activités de reboisement et de plantations agroforestières à Acacia auriculiformis.

Mots-clés : connaissance locale, classification, sols, ethnopédologie, érosion, savanisation, Batandu, Bas-Congo, République démocratique du Congo.


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PRODUCTIVITÉ ET VALEUR ÉCONOMIQUE DES CALICES DE BOMBAX COSTATUM PELLEGR. & VUILLET EN ZONE SOUDANIENNE DU BURKINA FASO

I. Ouédraogo, B. M. I. Nacoulma, O. Ouédraogo, K. Hahn, A. Thiombiano

Arbre des savanes et des forêts claires sahélo-soudaniennes à guinéennes, Bombax costatum est une espèce fortement exploitée pour ses calices et menacée dans plusieurs localités au Burkina Faso. Une alternative à la conservation résiderait dans la reconnaissance de l’intérêt économique de l’espèce. Cette étude évalue la valeur monétaire de la productivité en calices de B. costatum pour fournir des arguments nécessaires à sa conservation. Pour ce faire, des individus de B. costatum ont été échantillonnés dans trois modes d’utilisation des terres ; leur production florale a été intégralement récoltée afin d’évaluer la quantité de calices produite. Des modèles allométriques ont été élaborés pour prédire la productivité en calices. La valeur monétaire des calices par pied de B. costatum a été estimée à partir de la valeur d’échange des calices secs sur les marchés en trois périodes de l’année. Les résultats montrent que la productivité en calices n’est pas significativement influencée par le mode d’utilisation des terres. Parmi les modèles allométriques ajustés, le modèle linéaire de la forme vY = a + bX prédit le mieux la productivité en calices de B. costatum. La valeur monétaire des calices évaluée par pied varie suivant le diamètre et la période. Pour une même période, elle est de 2,57 $US pour les diamètres compris entre 10 et 25 cm et 26,10 $US pour les diamètres supérieurs ou égaux à 50 cm. Sachant que la valeur monétaire des calices ne représente qu’une partie de la valeur monétaire totale de B. costatum, il importe de sensibiliser les populations locales à la plantation de l’espèce et à des techniques de récolte peu préjudiciables.

Mots-clés : Bombax costatum, conservation, espèce menacée, modèle allométrique, mode d’utilisation des terres, valeur d’échange, Burkina Faso.


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DYNAMIQUE DE LA VÉGÉTATION LIGNEUSE DES ESPACES SYLVOPASTORAUX VILLAGEOIS MIS EN DÉFENS DANS LE SUD DU BASSIN ARACHIDIER AU SÉNÉGAL

M. Badji, D. Sanogo, L. E. Akpo

Au Sénégal, dans le bassin arachidier en particulier, les espaces sylvo-pastoraux intervillageois sont surexploités et menacés de disparition à cause de l’extension des terres de culture et des coupes incontrôlées de ligneux pour le bois de chauffe et le charbon de bois. Face à la menace de disparition de ces espaces, les populations environnantes ont entrepris des actions de conservation et de réhabilitation de ces espaces par la mise en défens. Cette étude évalue le processus de reconstitution de la végétation des espaces sylvo-pastoraux intervillageois suite à leur mise en défens. L’étude a été menée dans le Sud du bassin arachidier, dans la région de Kaolack, au sein des sites mis en défens à des âges échelonnés : un an, cinq ans et douze ans. Les résultats d’inventaire montrent une faible diversité spécifique de vingt-sept espèces distinctes dans la mise en défens d’une année par rapport aux deux autres détenant chacune une cinquantaine d’espèces différentes. L’analyse de variance des paramètres structuraux indique une différence significative entre le diamètre moyen et la hauteur des arbres en fonction de l’âge des trois types de peuplements. Pour les mises en défens de cinq ans, la fréquence diamétrale des arbres répond à une distribution en « L » décroissante, traduisant une dynamique régulière d’un jeune peuplement, alors que, pour celles de douze ans, il s’agit d’une distribution « en cloche » caractéristique de peuplements arborés devant atteindre un état d’équilibre. L’ensemble des mises en défens présente une bonne capacité de régénération ouvrant de bonnes perspectives pour la restauration des formations naturelles dégradées.

Mots-clés : mise en défens, espaces sylvo-pastoraux, caractéristiques structurales, régénération, communautés villageoises, Sénégal.


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TRAJECTOIRES DES PRATIQUES AGRICOLES PAYSANNES EN AMAZONIE

C. Billard, V. Gond, J. Oszwald, X. Arnauld de Sartre, B. Pokorny

L’important corpus de recherches sur les changements d’utilisation des terres et de la couverture du sol en Amazonie brésilienne met généralement en évidence un effet significatif des systèmes de production paysanne. Cependant, l’influence des caractéristiques socio-économiques spécifiques des petits exploitants sur l’utilisation des terres et le changement de couverture des sols n’apparaît pas clairement. Afin de mieux comprendre cet aspect, une étude de cas dans la colonie de Palmares-2 en Amazonie brésilienne a été menée au niveau des ménages pour cerner l’influence de certaines variables socio-économiques sur leur utilisation des terres. Les changements d’utilisation des terres à l’échelle de l’exploitation familiale ont été analysés à l’aide d’images LANDSAT TM et SPOT disponibles pour 1986, 1992, 2001 et 2007. Ces données SIG (système d'information géographique) ont été associées aux informations recueillies lors d’une enquête auprès de 44 exploitants. L’analyse montre que les niveaux de revenus influencent positivement les taux de déforestation sur cette période, et que l’expansion des zones cultivées et des pâturages s’accroît avec le niveau d’éducation des ménages. La disponibilité de crédits non remboursables est corrélée avec l’expansion de jachères forestières. Les surface nues et/ou brûlées sont plus importantes parmi les exploitations à faible capital implantées moins durablement sur la région. Les résultats de cette étude indiquent clairement la pertinence des niveaux de revenus et d’éducation comme facteurs d’explication sur l’utilisation des terres et le changement de couverture des sols par les paysans d’Amazonie.

Mots-clés : dynamique paysagère, changements d’utilisation des terres et de la couverture des sols, lisières forestières en Amazonie, télédétection, analyse à l’échelle du foyer.


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PLACE DE L’AGRICULTURE ITINÉRANTE FAMILIALE DANS LA FORESTERIE COMMUNAUTAIRE AU GABON

Q. Meunier, S. Boldrini, C. Moumbogou, A. Morin, S. Ibinga, C. Vermeulen

L’agriculture itinérante reste un système de production partagé par une grande majorité de groupes ethnolinguistiques, et appelé à se maintenir au Gabon. Elle s’exprime généralement dans un rayon de cinq kilomètres autour de l’unité de résidence. Au Gabon, cette zone est précisément celle destinée à accueillir depuis fin 2013 les premières forêts communautaires. Les préceptes de durabilité qui sous-tendent la notion de forêt communautaire impliquent le maintien d’un couvert forestier et pourraient entrer en contradiction avec la pratique de cette agriculture itinérante. Celle-ci prélève en effet, à chaque saison, un volume de bois soustrait au potentiel du massif concerné. Les plans simples de gestion des forêts communautaires prévoient une série agricole pour ne pas mettre en concurrence deux activités sur un même espace. Cela permet également de reconnaître la place socio-économique importante de l’agriculture en milieu rural. L’agroforesterie est une des clés pour articuler l’agriculture familiale et l’exploitation de la forêt communautaire. Conserver sur pied des arbres d’intérêt économique, social ou environnemental, d’une part, épargne de pénibles travaux d’abattage et, d’autre part, limite quantitativement l’impact de la coupe et du brûlis qui n’est plus systématique. L’introduction d’essences utiles, rares, protégées ou encore de bois d’oeuvre permet également d’élever la valeur économique et patrimoniale des parcelles agricoles tout en répondant aux exigences en matière de conservation et de durabilité du plan simple de gestion de la forêt communautaire. Par ce biais, l’agriculture familiale coutumière est pérennisée et sécurisée dans l’enceinte d’une portion de forêt légalement reconnue tandis que les techniques culturales y sont optimisées.

Mots-clés : agriculture itinérante, agroforesterie, forêt communautaire, plan simple de gestion, Gabon.


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LA RECHERCHE AGRONOMIQUE POUR LE DÉVELOPPEMENT

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