Bois et forêts des tropiques

Résumés : n° 318
(4e trimestre 2013)


Tous les résumés
(en français, en anglais et en espagnol)

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Numéro 318


 

ESSAIS DE PROPAGATION PAR SEMIS ET MARCOTTAGE AÉRIEN DE COULA EDULIS BAILL. ET PERSPECTIVES POUR SA DOMESTICATION

C. Moupela, J.-L. Doucet, K. Daïnou, Q. Meunier, C Vermeulen

Le noisetier d’Afrique, Coula edulis Baill. Olacaceae, est un arbre des forêts denses humides africaines. Il produit des graines d’une grande valeur nutritive qui sont régulièrement récoltées et commercialisées par les populations d’Afrique centrale et de l’Ouest. Cependant, le manque d’informations relatives aux techniques de multiplication de l’espèce est la principale contrainte à sa domestication et à son intégration dans les systèmes agroforestiers locaux. L’étude, conduite parallèlement en pépinière et en milieu naturel, vise à mieux caractériser la germination de C. edulis et à déterminer ses aptitudes au marcottage aérien. Les résultats obtenus indiquent que la germination de C. edulis est très lente et échelonnée avec des taux de levée très faibles, voire nuls. De plus, les prétraitements appliqués aux graines se sont révélés inefficaces pour améliorer la vitesse et le taux de levée des semences. En revanche, le marcottage aérien permet de produire des plants de C. edulis d’une vigueur bien supérieure et dans un délai plus court que les semis en pépinière. Les résultats préliminaires du marcottage aérien sont prometteurs et ouvrent des perspectives intéressantes pour la multiplication et la domestication de l’espèce. L’intégration de Coula edulis dans les systèmes agroforestiers des plants issus du marcottage aérien est donc envisageable.

Mots-clés : Coula edulis, germination, marcottage aérien, domestication, propagation, PFNL, Gabon.


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IMPACT DES GRADIENTS TOPOGRAPHIQUE ET ANTHROPIQUE SUR LA DIVERSITÉ DES FORMATIONS LIGNEUSES SOUDANIENNES

L. Bondé, O. Ouédraogo, F. Kagembega, J. I. Boussim

Le paysage soudanien est en pleine mutation avec une conversion progressive des formations soudaniennes en formations sahéliennes. Dans cette étude, menée sur les formations ligneuses soudaniennes, l’objectif était d’évaluer, d’une part, les effets isolés du mode d’utilisation des terres et de la position topographique et, d’autre part, celui de leurs interactions sur la diversité floristique des formations végétales. Pour ce faire, des relevés phytosociologiques de superficies variables ont été réalisés dans trois types d’unités d’utilisation des terres (forêt classée, jachère, champ) suivant un gradient topographique (glacis, bas-fond). L’effet de la topographie et du gradient d’utilisation des terres sur la diversité floristique a été évalué par une analyse de variance à deux facteurs. Les analyses statistiques ont montré que les formations protégées sont significativement plus diversifiées que celles des jachères et des champs. La grande diversité floristique observée dans les formations protégées s’explique par les mesures de protection qui y sont appliquées. Une forte similarité floristique est à noter entre les jachères et les champs, due à la réduction continue de la durée de jachère. Par ailleurs, indépendamment du mode d’utilisation des terres, les formations des glacis restent plus diversifiées que celles des bas-fonds car ces écosystèmes sont peu sélectifs et offrent des conditions édaphiques favorables à l’installation et au développement de plusieurs espèces. L’interaction entre les modes d’utilisation des terres et les unités topographiques n’influe pas sur la diversité floristique ligneuse soudanienne du fait que l’impact anthropique dans les différents habitats sur cette diversité n’est pas lié à la position topographique. Aussi les conditions topographiques déterminent- elles plus la diversité des formations ligneuses que le mode d’utilisation des terres dans ce site d’étude.

Mots-clés : déterminants floristiques, gradients, utilisations des terres, zone soudanienne.


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APPLICATION DE MÉTHODOLOGIES PARTICIPATIVES POUR L’ANALYSE DU DÉBOISEMENT EN FORÊT TROPICALE DE MONTAGNE A SAN LUIS POTOSÍ, MEXIQUE

H. Reyes Hernández, J. N. Montoya Toledo, J. Fortanelli Martínez, M. Aguilar Robledo, J. Garcia Pérez

Les forêts tropicales de montagne, ou forêts de brume, sont parmi les écosystèmes les plus riches en biodiversité de la planète. L’État de San Luis Potosí au Mexique a perdu 2 868 hectares de ces forêts en 35 ans. Cet article analyse, dans ce contexte, les causes de ce déboisement et les solutions possibles pour protéger les derniers lambeaux de ces forêts de brume en s’appuyant sur des techniques de recherche participatives : ateliers, cartographie participative, transects, entretiens semi-structurés et observations participatives. Les premières causes de destruction de ces forêts sont les contrats d’exploitation forestière, les subventions publiques à l’élevage, le défrichage pour les cultures et l’abattage sélectif. Si les services écosystémiques rendus par les forêts tropicales de montagne sont bien connus, ils sont moins appréciés que les services rendus par l’agriculture et l’élevage. De plus, les effets du sous-développement, de la pauvreté et des problèmes liés à la propriété foncière se conjuguent au détriment de cet écosystème, qui risque de disparaître dans les prochaines années. Cette étude fait valoir enfin que la création de réserves forestières communautaires représenterait la seule solution réaliste permettant de conserver cet écosystème en voie de disparition.

Mots-clés : méthodologie participative, forêt de brume, déboisement, ressources naturelles, San Luis Potosí, Mexique.


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RÉALITÉ ET CONTRAINTES D’UN CORRIDOR BIOLOGIQUE DANS LA ZONE CENTRALE DU MEXIQUE

A. Villanueva, J. Imbernon

Le Valle Central (zone centrale) du Mexique est un espace prioritaire pour la conservation de la biodiversité du fait du haut degré d’endémisme des espèces de faune et de flore présentes. Dans cette zone où se situent plusieurs aires naturelles protégées, les autorités fédérales du Mexique envisagent la création d’un corridor biologique allant du parc Mariposa Monarca à à celui du Popocatepelt. Or, le Valle Central fait l’objet de pressions anthropiques fortes qui sont dues aux activités minières et agricoles et à l’étalement urbain des grandes conurbations. Dans cet espace, ces pressions entraînent la fragmentation du couvert forestier et la diminution de la connectivité des écosystèmes naturels. L’étude présente une analyse à l’échelle régionale de la réalité du corridor biologique du Valle Central qui permettrait de relier les aires naturelles protégées. Dans un premier temps, la fragmentation du couvert forestier et arbustif a été quantifiée par des indices morphologiques issus de la théorie de l’écologie du paysage. Ensuite, un modèle de percolation est utilisé pour estimer la connectivité de ces espaces naturels et proposer une délimitation objective du corridor biologique. L’intérêt particulier de cette étude résulte de l’intégration de différents indices d’analyse du paysage révélant l’état réel du corridor biologique du Valle central du Mexique. L’étude met en évidence les espaces les plus sensibles pour la mise en oeuvre et la durabilité de ce corridor, ce qui exigera des politiques publiques volontaristes et bien ciblées.

Mots-clés : corridor biologique, connectivité, fragmentation, pressions anthropiques, biodiversité, forêt, Mexique.


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CAPACITÉ DES SOLS FORESTIERS TROPICAUX DE GUYANE ET DE LA RÉUNION À DÉPOLLUER LES BOIS IMPRÉGNÉS DE BIOCIDES

A. Zaremski, L. Gastonguay, C. Zaremski, F. Chaffanel, G. Le Floch, J. Beauchene

Le matériau bois a depuis longtemps fait l’objet de traitements fongicides ou insecticides dont l’impact sur les sols après lessivage constitue un réel problème écologique. À ce jour, l’essentiel des études sur la dégradation de ces produits toxiques a été mené à partir des micro-organismes isolés en laboratoire. La présente étude a cherché à affiner les connaissances concernant ces microorganismes, en particulier les champignons lignivores dégradant les polluants in situ, pour lesquels peu de données sont en fait disponibles. En vue de dépolluer des bois traités, la capacité des micro-organismes lignivores issus de sols forestiers tropicaux de la Guyane et de la Réunion pour dégrader des biocides toxiques a été évaluée. Il s’agit du pentachlorophénol (PCP) et des composés à base de cuivre chrome arsenic (CCA). Le suivi de la dégradation d’éprouvettes de pin rouge, Pinus resinosa, montre que le sol de Guyane est plus performant que celui de la Réunion en termes d’activité microbienne vis-à-vis de ces deux biocides. Une différence significative de la perte de masse des éprouvettes de pin rouge traitées au CCA et au PCP peut aller du simple au double (respectivement 18 % et 30 %). Ces résultats confirment que le CCA est moins lessivable et moins dégradable par les microorganismes de ces sols que le PCP. D’après le barème des pertes de masse en essais de laboratoire, ces bois ainsi traités seraient classés peu durables après trois ans de mise en contact avec le sol, alors que le traitement est prévu comme très durable.

Mots-clés : dépollution, bioremédiation, bois traités, cuivre chrome arsenic (CCA), champignons lignivores, pentachlorophénol (PCP), perte de masse, sol tropical.


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L’INTRODUCTION D’ACACIAS AUSTRALIENS POUR RÉHABILITER DES ÉCOSYSTÈMES DÉGRADÉS EST-ELLE DÉPOURVUE DE RISQUES ENVIRONNEMENTAUX ?

R. Duponnois, E. Baudoin, H. Sanguin, J. Thioulouse, C. Le Roux, E. Tournier, A. Galiana, Y. Prin, B. Dreyfus

L’utilisation d’essences forestières exotiques et plus particulièrement des arbres à croissance rapide (acacias, pins ou eucalyptus) a été fréquemment recommandée pour réhabiliter et restaurer à brève échéance des milieux dégradés suite à des événements naturels ou à des activités anthropiques. L’incidence sur l’environnement de l’introduction de ces espèces, parfois envahissantes, est surtout évaluée pour leur impact sur la biodiversité végétale et les caractéristiques physico-chimiques des sols, mais rarement en ce qui concerne la composition de la microflore. Les micro-organismes, et plus particulièrement les champignons mycorhiziens, jouent un rôle clé vis-à-vis des mécanismes biologiques régissant la fertilité chimique des sols et leur productivité, facteurs de stabilité des écosystèmes terrestres. L’approche retenue a été de décrire l’incidence de l’introduction d’essences exotiques sur les caractéristiques biologiques des sols, ainsi que les conséquences sur la reconstruction d’un couvert végétal composé par des espèces natives du milieu d’origine. Après avoir rappelé l’importance de l’utilisation des acacias à travers le monde, deux études réalisées au Sénégal et en Algérie ont permis de montrer que deux acacias australiens, Acacia holosericea et Acacia mearnsii, induisent de profondes modifications de la diversité fonctionnelle de la microflore du sol et aussi de la structure des microorganismes symbiotiques (champignons mycorhiziens et rhizobia). Ces acacias entraînent une inhibition de la croissance de deux espèces forestières natives, Faidherbia albida et Quercus suber. Les résultats confirment le besoin de cerner les processus biologiques liés aux actions d’introduction d’essences exotiques afin de moduler leur utilisation. Ainsi, cette connaissance préviendra les risques et assurera les performances des opérations de reboisement, notamment pour la réhabilitation des terrains dégradés.

Mots-clés : espèce exotique, introduction, symbiose mycorhizienne, biofonctionnement du sol.


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LA RECHERCHE AGRONOMIQUE POUR LE DÉVELOPPEMENT

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