Bois et forêts des tropiques

Résumés : n° 317
(3e trimestre 2013)


Tous les résumés
(en français, en anglais et en espagnol)

Nouveau numéro

Numéro 317


 

CHANGEMENTS A LONG TERME DE STRUCTURE ET DE COMPOSITION D’UNE FORET PRIMAIRE HUMIDE DE BASSE MONTAGNE SUITE AU PASSAGE D’OURAGANS A PUERTO RICO

P. L. Weaver

Dacryodes excelsa, espèce arborée connue sous les noms de tabonuco à Puerto Rico et de gommier aux Petites Antilles, domine les sommets de la forêt tropicale humide de basse montagne (selon Beard) de l’archipel des Caraïbes ; où périodiquement les ouragans passent à travers les îles modifiant la structure des massifs forestiers, leur composition en essences et leur dynamique. Au nord-est de Puerto Rico, l’étude chronologique post-ouragans menée entre 1946 et 2010 a permis de suivre les modifications de la végétation sur une parcelle de 0,40 hectare à 380 metres d’altitude dans la forêt expérimentale de Luquillo. Celle-ci a montré : (1) la défoliation, la casse et les chablis provoqués par le vent induisant une mortalité immédiate entraînent une déstructuration de forêt en perte du nombre de tiges, de hauteur des arbres et de biomasse ; (2) la mortalité différée de d’autres arbres blessés s’accompagne d’un rapide et abondant recrutement de Cecropia schreberiana et d’espèces cicatricielles, augmentant le nombre de tiges dans la forêt ; (3) une accélération de la croissance en diamètre et l’accumulation de la biomasse pendant une vingtaine d’années après l’ouragan, suivie du déclin de leur ratio ; (4) un très fort taux de survie après l’ouragan et une augmentation de la vitesse de croissance en diamètre de Dacryodes excelsa ; (5) toujours suite à l’ouragan, une augmentation de la richesse en espèces pendant une période de 20 ans au cours de laquelle les espèces primaires et secondaires grandissent ensemble, suivie dune chute d’abondance liée la concurrence ; (6) enfin, des conditions d’évolution asymptotiques aussi bien pour les tiges et la biomasse que pour le nombre d’espèces, après plus de 40 ans. En outre, d’autres études connexes menées dans des types de forêts semblables ont montré que les ouragans et les coupes intensives induisent des réactions de croissance comparables. Cette étude s’avère être d’intérêt régional puisque la forêt humide de basse montagne de Puerto Rico partage des conditions environnementales semblables ainsi que les mêmes essences forestières avec les montagnes des Antilles.

Mots-clés : forêt humide de basse montagne, ouragans, suivi des forêts, structure, dynamique forestière, Puerto Rico.


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AMÉLIORER LA GESTION DES PRODUITS FORESTIERS NON LIGNEUX COMMERCIALISÉS POUR LE BÉNÉFICE DES COMMUNAUTÉS LOCALES DU CAMBODGE

M. BOISSIERE, G. MULCAHY, L. SETHAPHAL, L. CHOU BEANG

Les produits forestiers non ligneux (Pfnl) jouent un rôle important dans le mode de vie des communautés rurales dépendantes des ressources forestières tropicales. Au Cambodge, cette étude a permis d’identifier les problèmes liés à la gestion durable de Pfnl par les populations locales. Ces problèmes concernaient l’accès aux ressources et aux marchés, les activités d’extraction non durables, la pression démographique, le manque d’information sur la demande du marché, les prix, les redevances et un système d’autorisation trop complexe pour être appliqué au niveau local. Au Centre et à l’Est du Cambodge, des approches participatives ont été utilisées pour interroger les collecteurs de Pfnl dans 16 villages de 4 provinces. De réunions et des groupes de discussion ont permis de discuter des choix et des préférences des villageois. Des échantillons d’herbier de Pfnl, jugés importants par la population locale, ont également été collectés dans les forêts de chaque village. L’étude a révélé que pour améliorer la gestion, l’utilisation et le commerce des produits forestiers non ligneux, il est nécessaire de prendre en compte des informations sur l’emplacement et le contexte économique de chaque village (infrastructures et investissements du secteur privé), la densité de population, les groupes ethniques, et l’état de la forêt. Une approche par étapes devrait inclure l’identification de Pfnl non seulement importants pour l’économie locale, mais aussi dont l’extraction a le moins d’impact sur la forêt. En conclusion, l’étude recommande de développer un réseau de collecteurs, de planter les Pfnl importants et rares, et de développer la filière de transformation des matières brutes.

Mots-clés : forêt communautaire, produits forestiers non ligneux, utilisation durable, activités extractives, genre, réduction de la pauvreté, Cambodge.


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RÉVISER LES TARIFS DE CUBAGE POUR MIEUX GÉRER LES FORÊTS DU CAMEROUN

A. Fayolle, J. Rondeux, J.-L. Doucet, G. Ernst, C. Bouissou, S. Quevauvillers, N. Bourland, R. Fétéké, P. Lejeune

L’utilisation des tarifs de cubage fait partie du quotidien des aménagistes et gestionnaires forestiers. Toutefois, elle se fait généralement au mépris des conditions d’application (zone géographique, gamme de diamètres), ce qui peut engendrer des erreurs dans les estimations de volume. L’objectif de cette étude est de tester la validité des tarifs de cubage actuellement disponibles pour trois essences des forêts du sud-est du Cameroun, dont ceux utilisés par l’administration nationale et, le cas échéant, de proposer des tarifs adaptés pour la zone d’étude. Trois espèces commerciales sont concernées : le sapelli, Entandrophragma cylindricum, le tali, Erythrophleum suaveolens, et l’assaméla, Pericopsis elata. Les données dendrométriques ont été collectées par échantillonnage destructif de 43 arbres régulièrement répartis sur toute la gamme de diamètres. Le volume du fût a été calculé par la méthode des billons successifs et des tarifs de cubage linéaires et non linéaires ont été ajustés aux données par la méthode des moindres carrés pondérés. Les résultats montrent que le meilleur modèle de cubage est non linéaire pour les trois espèces. Les équations utilisées jusqu’à présent par l’administration forestière sous-estiment significativement le volume des arbres et les erreurs d’estimation sont d’autant plus grandes que la taille de l’arbre est importante. Les tarifs de cubage proposés, une fois validés, devraient pouvoir à l’avenir être utilisés pour une meilleure estimation du volume des arbres dans la zone d’étude. Considérant les enjeux internationaux auxquels adhère le Cameroun (FLEGT et REDD+), il est crucial de disposer d’outils performants d’estimation du volume des arbres. Dans ce contexte, il s’avère important que l’administration forestière camerounaise puisse mener à bien un vaste programme de révision des tarifs de cubage.

Mots-clés : tarif de cubage, volume fût sur écorce, diamètre de référence, biais, erreur, Entandrophragma cylindricum, Erythrophleum suaveolens, Pericopsis elata, forêt semi-décidue, Cameroun.


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MULTIPLICATION INDUSTRIELLE PAR BOUTURAGE DE CLONES MATURES D’HEVEA BRASILIENSIS

A. Masson, J.-M. Julien, L. Boedt

L’importance de l'hévéa (caoutchouc), Hevea brasiliensis, en tant que culture de rente ne cesse d'augmenter justifiant de s'intéresser à de nouvelles techniques de clonage plus efficaces que le greffage (écussonnage) traditionnellement utilisé pour la production industrielle de matériel de plantation de qualité supérieure. Les bonnes performances sur le terrain (croissance rapide, haut rendement) des hévéas produits par embryogenèse somatique n'ont été constatées jusqu'à présent qu'à l'échelle expérimentale. La propagation de masse in vitro par embryogenèse somatique ou microbouturage de clones d'hévéas sur leurs propres racines reste pénalisée par un manque de réactivité de la plupart des génotypes sélectionnés et par des coûts de production prohibitifs. Face à cette situation, la propagation par bouturage de clones matures sélectionnés issus de micropropagation in vitro a été tentée par la SoGB en Côte d’Ivoire comme une alternative possible à l’utilisation exclusive des techniques in vitro. Les deux clones matures industriels, A (70 ans) et B (53 ans), ont d’abord été rajeunis in vitro par embryogenèse somatique puis micropropagés en plus grand nombre par microbouturage. Après acclimatation, les microboutures enracinées in vitro ont été rempotées dans des pots individuels pour être gérées de manière intensive comme pieds-mères destinés au bouturage. Après 3 semaines en conditions horticoles adéquates, les taux d’enracinement obtenus pour les boutures des clones A et B ont été respectivement de 74,6 % (1203/1613) et 76,5 % (198/259). Les racines adventices néoformées étaient généralement vigoureuses. A l’issue d’une phase d'acclimatation réussie, les boutures se sont développées de façon conforme pour atteindre 4 mois plus tard une hauteur de 25-30 cm suffisante pour être plantées au champ. En sus d’une plus grande vigueur et conformité sur le terrain, les clones issus de bouturage peuvent être produits plus rapidement, sur des surfaces plus réduites à moindre coût et dans des conditions de travail plus faciles par rapport aux plantes issus d’écussonnage. Des analyses en cours devraient permettre d'établir les avantages comparatifs des boutures par rapport aux plants écussonnés en ce qui concerne d’autres caractères à fort impact économique tels que le rendement de latex.

Mots-clés : Hevea brasiliensis, embryogenèse somatique, bouture, clones, rajeunissement, production industrielle , piedmère, rentabilité.


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STRATÉGIE DE PÂTURAGE D’UNE POPULATION D’ÉLÉPHANTS EN SAISON SÈCHE : LE CAS DU PARC DE ZAKOUMA AU TCHAD

P. Poilecot Parachevé par : S. Saïdi et P. Daget

Les peuplements riches en Acacia seyal des savanes du Sud-Est du Tchad constituent en saison sèche l’une des principales ressources alimentaires pour la population d’éléphants du parc national de Zakouma. Sous forme de mosaïques plus au moins denses, ces formations arborées constituent un complément de nutrition indispensable pour l’équilibre alimentaire de ces grands herbivores. Dans cette note, il ne s’agit pas d’estimer le potentiel de ces savanes en pâturage aérien disponible vis-à-vis des éléphants du parc, mais d’identifier grâce à une approche spatiale les surfaces qui s’avèrent déterminantes ou marginales pour leur alimentation. Ainsi l’imagerie satellitaire a permis d’établir des valeurs quantitatives et spatiales de cette ressource végétale dont l’utilisation n’apparaît pas être liée à la qualité alimentaire ou à l’appétence, mais le résultat de divers facteurs physiques et édaphiques concomitants que sont la permanence du réseau hydrique et le seuil de densité supérieur à 400 arbres à l’hectare limitant l’accès des troupeaux en saison sèche.

Mots-clés : savane, éléphants, Acacia seyal, image satellite, Zakouma, Tchad.


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FORÊTS COMMUNAUTAIRES CAMEROUNAISES ET PLAN D’ACTION « FOREST LAW ENFORCEMENT, GOVERNANCE AND TRADE » (FLEGT) : QUEL PRIX POUR LA LÉGALITÉ ?

C. Julve Larrubia, P. P. Tabi Eckebil, N. Nzoyem Saha, J. C. Tchantchouang, B. Kerkhofs, A. Beauquin, J. P. Mbarga Mbarga, C. Vermeulen, P. O. Cerutti, G. Lescuyer

L’exploitation illégale des forêts est une menace importante pour la plupart des grands massifs forestiers tropicaux. Afin de lutter contre l’exploitation et le commerce illégaux du bois, l’Union européenne a mis en place le Plan d’action « Forest Law Enforcement, Governance and Trade » (FLEGT) qui a ouvert la négociation de l’Accord de partenariat volontaire avec le Cameroun. En 2010, les deux parties ont signé cet accord qui engage le Cameroun à assurer la légalité du bois à destination des marchés extérieurs et intérieurs pour tous les titres forestiers. Les forêts communautaires ont de ce fait été incluses dans cet accord et devront assurer la légalité de leur production de bois. Pour ce faire, une grille de légalité spécifique a été élaborée. Cette grille de légalité a été testée au sein de la moitié des forêts communautaires actives afin d’analyser les écarts existant entre les activités telles qu’elles sont conduites sur le terrain et les indicateurs de légalité inclus dans la grille. Les résultats montrent qu’aucune des forêts échantillonnées ne respecte entièrement les exigences de cette grille. Cette étude a permis d’identifier les goulets d’étranglement qui s’avèrent liés à des procédures complexes et au coût excessif qu’impose le respect de la légalité. Certains vérificateurs actuellement non conformes pourraient le devenir en renforçant les capacités des communautés et aussi en modifiant diverses réglementations. C’est à ces conditions que ces forêts pourront constituer une source d’approvisionnement légal du marché national du bois.

Mots-clés : forêts communautaires, accord, FLEGT, grille de légalité, législation, Union européenne, Cameroun.


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LA RECHERCHE AGRONOMIQUE POUR LE DÉVELOPPEMENT

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