Bois et forêts des tropiques

Résumés : n° 316
(2e trimestre 2013)


Tous les résumés
(en français, en anglais et en espagnol)

Nouveau numéro

Numéro 316


 

SYSTÈMES SYLVOPASTORAUX ET ATTÉNUATION DU CHANGEMENT CLIMATIQUE EN AMÉRIQUE LATINE

F. Montagnini, M. Ibrahim, E. Murgueitio Restrepo

La production de bétail fait partie de la culture des peuples et est importante pour la nutrition et le bien-être humain. Cependant, le bétail d’élevage conventionnel est une source de gaz à effet de serre (Ges). La séquestration du carbone dans la végétation et les sols peut être améliorée tandis que les émissions de Ges peuvent diminuer avec le pâturage contrôlé, des espèces fourragères appropriées, et l’utilisation de systèmes sylvopastoraux (Sps) combinant arbres, arbustes et pâturages. En outre, les Sps favorisent l’adaptation au changement climatique avec les effets améliorateurs des arbres sur les températures de l’air qui limitent le dessèchement des pâturages et améliorent le bien-être et la productivité des animaux. Plusieurs types de Sps sont très répandus dans les paysages agricoles de l’Amérique latine. Dans les Sps intensifs (Isps), comprenant des banques de fourrage avec des espèces ligneuses plantées à haute densité, les rendements sont supérieurs à l’élevage conventionnel, en raison d’une plus grande densité de bétail et du gain de poids plus élevé des animaux. Les recherches en Colombie, au Nicaragua et au Costa Rica montrent que les Sps ont plus de carbone dans la biomasse aérienne et dans les sols que dans les pâturages dégradés. Dans les Sps, le bois des arbres fruitiers, plantés ou de régénération naturelle, augmente les stocks de carbone et les taux de séquestration. Les espèces arborées locales peuvent être utilisées dans les Sps avec de bons résultats en termes de productivité, de restauration des sols, de séquestration du carbone et de conservation de la biodiversité. L’utilisation de Sps contribue à la séquestration du carbone dans les arbres et dans les sols, tandis que l’établissement des plantations forestières et la conservation des forêts secondaires augmentent la séquestration et le stockage du carbone à l’échelle du paysage. Les Sps et surtout les Isps peuvent contribuer à atténuer le changement climatique car ils peuvent avoir un bilan Ges positif. En Amérique latine, les Isps aux résultats positifs ont été adaptés à des niveaux régionaux. Des mesures incitatives telles que le paiement des services environnementaux ainsi que l’assistance technique peuvent stimuler l’adoption des Sps contribuant ainsi à l’atténuation du changement climatique tout en préservant les moyens de subsistance en milieu rural.

Mots-clés : agroforesterie, séquestration du carbone, cheptel, systèmes sylvopastoraux intensifs, régions tropicales, durabilité.


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LA REDD+ AU BRÉSIL : ENTRE CONSTRUCTION DU CADRE INSTITUTIONNEL ET FOISONNEMENT DES PROJETS PILOTES

M. Tsayem Demaze

Les premières lois sur le mécanisme Redd (Réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts) au Brésil ont été adoptées en 2008. Elles précisent les objectifs et fixent le cap, ce qui permet de se rendre compte de l’importance que le Brésil accorde à ce mécanisme, devenu Redd+ du fait de l’élargissement de son périmètre pour qu’il inclue le stockage du carbone dans les sols et plus globalement la gestion dite durable des forêts tropicales. À partir d’enquêtes par entretiens avec des acteurs, et d’observations de terrain, complétées par l’analyse de la réglementation et de la bibliographie, cet article décrypte la construction du cadre institutionnel de la Redd+ au Brésil, en décrivant la contribution financière extérieure. Alors que ce cadre institutionnel est en cours de construction, et qu’une stratégie nationale Redd+ n’est pas encore élaborée et adoptée, l’engouement pour la Redd+ au Brésil paraît indéniable, comme le montrent les nombreuses initiatives à l’échelle des États fédérés (l’Amazonas, le Pará, l’Acre, le Mato Grosso). Les nombreux projets pilotes illustrent aussi cet engouement manifeste. L’inscription territoriale de ces projets pilotes montre qu’ils portent essentiellement sur des espaces faisant déjà l’objet d’une protection (aires protégées, territoires indigènes) alors qu’ils auraient pu porter davantage sur les espaces les plus menacés par la déforestation. L’article aborde en particulier le projet Redd+ de la réserve Juma, et soulève de nombreuses questions : la gouvernance et l’implication ou la participation des populations locales, la comptabilisation des émissions de gaz à effet de serre, la réalité de la déforestation évitée, l’articulation entre l’échelle nationale et l’échelle locale, etc.

Mots-clés : Redd+, déforestation, forêt amazonienne, gaz à effet de serre, changement climatique, Brésil.


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CARTOGRAPHIER LE CARBONE STOCKÉ DANS LA VÉGÉTATION : PERSPECTIVES POUR LA SPATIALISATION D’UN SERVICE ÉCOSYSTÉMIQUE

S. Le Clec’h, J. Oszwald, N. Jégou, S. Dufour, P.-A. Cornillon, I. Miranda, L. Gonzaga, M. Grimaldi, V. Gond, X. Arnauld de Sartre

Les grands programmes internationaux d’observation des écosystèmes, tels que le Millenium Ecosystem Assessment (Mea), puis Redd (Réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts) et Redd+, préconisent le développement des approches permettant de quantifier et de spatialiser les services écosystémiques afin de mettre en oeuvre des pratiques et des politiques de gestion environnementale plus adaptées. La cartographie des services écosystémiques apparaît ainsi comme un outil majeur des espaces à forts enjeux environnementaux. Cependant, elle souffre encore de certaines limitations. C’est le cas du stock de carbone dans la biomasse végétale. À l’échelle d’une localité d’Amazonie brésilienne de 175 km², cette fonction écologique a été cartographiée avec une résolution spatiale de 30 x 30 m. Afin de quantifier ces stocks, des mesures de biomasse arborée et arbustive au sein de 45 « points » et des données géographiques obtenues par télédétection sont mises en jeu. Pour cela, deux méthodes statistiques sont testées : l’arbre de décision et la régression linéaire multiple. Les résultats statistiques de chacune de ces méthodes sont présentés, permettant d’en comprendre les intérêts et les inconvénients. La qualité d’ajustement de ces modèles est testée. Si l’arbre de décision décrit mieux le rôle des variables explicatives, la régression linéaire multiple permet une prédiction beaucoup plus efficace. Elle rend alors davantage compte de la variabilité spatiale au sein de chaque type d’occupation du sol. Cette méthode fait apparaître à l’échelle de la ferme des phénomènes spécifiques au territoire étudié. Cela permet de retranscrire simplement le résultat d’un processus écologique tout en le mettant en relation avec les activités anthropiques. Cette étude permet donc d’illustrer l’importance des choix méthodologiques afin d’obtenir la cartographie d’un processus.

Mots-clés : services écosystémiques, processus physiques, stocks de carbone, cartographie, modèle statistique, Amazonie brésilienne.


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IMPACT DE LA STRUCTURE SPATIALE DE STROMBOSIA SCHEFFLERI ENGL. ET XYMALOS MONOSPORA (HARV.) BAILL. SUR LA RÉGÉNÉRATION NATURELLE ET LA COEXISTENCE DES ESPÈCES ARBORESCENTES DANS LA RÉSERVE NATURELLE FORESTIÈRE DE BURURI, BURUNDI

F. Havyarimana, J. Bogaert, J. Ndayishimiye, S. S. Y. Barima, M.-J. Bigendako, J. Lejoly, C. De Cannière

Dans le but d’analyser l’influence de la structure spatiale sur le fonctionnement écologique des écosystèmes forestiers, une étude sur la distribution spatiale, la régénération naturelle et la coexistence des principales espèces arborescentes a été menée dans la réserve naturelle forestière de Bururi au Burundi. Cette aire protégée constitue la partie la plus méridionale du système de forêts de la crête Congo-Nil. La présente étude cherche à tester l’hypothèse selon laquelle la structure spatiale agrégée d’une espèce arborescente aurait un impact sur la régénération naturelle et la coexistence avec des espèces arborescentes du même habitat. Deux méthodes, l’une basée sur la distance au plus proche voisin et l’autre sur la variation du nombre d’individus de l’espèce dans les placettes échantillonnées, ont été appliquées pour déterminer le type de distribution spatiale des espèces arborescentes. Leur régénération naturelle a été évaluée sur la base de la distribution de leurs diamètres. L’analyse de la distribution spatiale a montré que Strombosia scheffleri et Xymalos monospora sont caractérisées par une distribution spatiale agrégée. La présente étude a ensuite mis en évidence l’impact négatif de la distribution agrégée de S. scheffleri et X. monospora sur la régénération naturelle de Entandrophragma excelsum et Prunus africana, deux espèces menacées de disparition au Burundi. Ainsi, la dominance locale d’une espèce arborescente peut réduire la diversité comme le stipule l’hypothèse d’échappement.

Mots-clés : distribution spatiale, régénération naturelle, méthode de la distance au plus proche voisin, réserve naturelle forestière de Bururi, crête Congo-Nil.


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IDENTIFICATION ET IMPORTANCE LOCALE DES PLANTES MÉDICINALES UTILISÉES DANS LA RÉGION DE MBANZA-NGUNGU, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

F. Nzuki Bakwaye, C. Termote, K. Kibungu, P. Van Damme

Une enquête ethnobotanique a été menée sur les plantes médicinales dans la région de Mbanza-Ngungu, province du Bas- Congo, en République démocratique du Congo. Des interviews semi-structurées et des observations participatives ont été effectuées entre février 2009 et mai 2012 auprès de 51 tradipraticiens échantillonnés par la méthode « boule de neige ». Un herbier de référence a été constitué et les échantillons ont été identifiés à l’herbarium du Jardin botanique de Kisantu et de l’Université de Kinshasa. Le but était d’identifier les plantes médicinales populaires en médecine traditionnelle, de documenter leur importance relative et de comparer l’usage alimentaire et non alimentaire de ces plantes. Pendant l’interview, 195 plantes médicinales ont été enregistrées, dont 165 espèces botaniques identifiées appartenant à 138 genres et 56 familles. Les feuilles et les racines constituent les parties de plantes les plus utilisées (63 % des citations) et la décoction représente le mode de préparation le plus fréquent (46 %). L’administration des remèdes se fait le plus souvent par voie orale (71 %). L’importance locale des plantes médicinales et le degré de consensus des informateurs ont respectivement été déterminés sur la base des paramètres medicinal Use Value (med.UVs) et Informant Agreement Ratio (med.IARs). Elaeis guineensis (0,71), Brillantaisia patula (0,39), Zingiber officinale (0,35) et Mondia whitei (0,35) présentent les med.UVs les plus élevés. Par ailleurs, Catharanthus roseus, Lannea antiscorbutica, Palisota ambigua, Raphia gentiliana, Sansevieria trifasciata se distinguent par un med.IARs maximal de 1. Parmi les les plantes médicinales aux med.UVs les plus élevés, M. whitei et Dorstenia laurentii sont présentement très menacées dans le milieu d’étude. Quant aux études plus approfondies, Senna occidentalis serait prioritaire. Il faudrait lui associer les plantes médicinales avec un med.IARs de 1.

Mots-clés : plantes médicinales, consensus des informateurs, ethnobotanique quantitative, indices d’importance locale, Afrique centrale.


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VALORISATION DE LA FILIÈRE BAMBOU DANS LES ZONES ORIENTALES DE MADAGASCAR : CONTRAINTES ET OPPORTUNITÉS

T. Ramananantoandro, Z. H. Rabemananjara, J.-J. Randrianarimanana, R. Pommier

Les bambous occupent une place importante dans la vie de nombreux ménages tant ruraux qu’urbains à Madagascar. Ils sont distribués essentiellement le long des massifs centraux de l’île et dans la forêt humide de l’Est. À partir d’un travail bibliographique, d’entretiens sur le terrain et de travaux de laboratoire, cette étude établit un diagnostic interne et externe de la filière bambou dans les zones orientales de Madagascar, particulièrement les régions Analanjirofo et Atsinanana. Suite à ces diagnostics, des options stratégiques ont été formulées. Plusieurs points forts ont été notés, notamment l’appui d’un organisme spécialisé (Inbar), l’existence de conditions d’extension favorables et la motivation des acteurs qui permettent de présager un fort développement de cette filière dans le futur. De plus, les espèces rencontrées dans la zone possèdent des propriétés physico-mécaniques intéressantes, permettant de satisfaire les besoins pour diverses catégories d’utilisations. Comme contraintes, on peut noter la défaillance des mesures réglementaires, les techniques de transformation archaïques et la faible récupération des sous-produits. La méconnaissance des potentialités exactes, aussi bien en termes de superficie disponible qu’en ce qui concerne les propriétés des chaumes, limite la valorisation du bambou. La relance de la filière bambou garantira en partie la pérennisation d’autres ressources des forêts naturelles. Cette étude a permis de démontrer l’importance des bambous dans les zones orientales de Madagascar. Elle constitue un point de départ pour une investigation plus approfondie.

Mots-clés : diagnostic de la filière, propriétés physico-mécaniques, technologie de valorisation, bambou, région orientale de Madagascar.


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ÉVALUATION DE LA RESSOURCE EN TECK, TECTONA GRANDIS L.F., DES PLANTATIONS PRIVÉES DU SUD-BÉNIN

G. Atindogbé, N. H. Fonton, P. Lejeune

Au Sud-Bénin, les plantations privées de teck ont été installées à un rythme croissant ces trois dernières décennies. Pour combler le vide d’informations fiables sur cette ressource, une démarche méthodologique a été conçue en vue de quantifier et caractériser les plantations privées de teck et de mieux connaître les propriétaires privés impliqués dans la production de teck au Bénin. Celle-ci s’apparente à un échantillonnage boule de neige (Ebn) ou snowball sampling avec trois types d’acteurs, les agents des services forestiers, les chefs de village et les propriétaires de plantations de teck ou leur représentant. Les données collectées sont le profil socio-économique du propriétaire, le descriptif général de ses plantations et la caractérisation dendrométrique de ces dernières. En vue d’évaluer la capacité de l’Ebn, un échantillonnage par quadrats a été mis en place. L’Ebn a permis d’identifier 1 002 propriétaires et de recenser 861,10 ha de plantations de teck, Tectona grandis L.f. Près de 69 % des plantations ont moins de 6 ans, comprenant 12,4 % de jeunes plantations et 56,7 % de taillis. Les futaies âgées de plus de 20 ans ne représentent qu’une infime proportion de la ressource en teck (0,2 %). Avec un taux de boisement global très faible estimé à 3,58 %, un taux de détection de l’Ebn de 68,6 %, la surface totale en teck est estimée à 1 255,3 ha avec les limites de confiance de 1 084,5 ha et 1 574,2 ha. La géodatabase construite lors de l’application de l’Ebn sur la commune de Toffo constitue indéniablement une amorce prometteuse dans la construction d’un réseau d’acteurs impliqués dans la culture du teck. L’intérêt d’une telle approche dans le contexte d’une foresterie paysanne justifie l’application de l’Ebn aux autres communes.

Mots-clés : évaluation, caractérisation, ressource en teck, snowball sampling, bootstrap, Bénin.


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LA RECHERCHE AGRONOMIQUE POUR LE DÉVELOPPEMENT

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