Bois et forêts des tropiques

Résumés : n° 315
(1er trimestre 2013)


Tous les résumés
(en français, en anglais et en espagnol)

numéro

Numéro 315


 

ESTIMATION À GRANDE ÉCHELLE DE L’OUVERTURE DU COUVERT FORESTIER EN AFRIQUE CENTRALE À L’AIDE DE DONNÉES DE TÉLÉDÉTECTION.

L. Bourbier, G. Cornu, A. Pennec, C. Brognoli, V. Gond

Les activités humaines en forêt humide tropicale sont à l’origine de perturbations et de dégradations du fait de leur mitage du couvert forestier. Des capacités permettant de mesurer l’étendue des dégâts sont indispensables au calcul des émissions de carbone dans le cadre des programmes Redd+ (Réduction des émissions dues à la déforestation et la dégradation des forêts). La télédétection est un outil puissant pour le recueil de ce type d’information (concernant, par exemple, l’exploitation forestière ou minière ou les projets d’infrastructure). Différentes techniques sont mises en oeuvre pour identifier et quantifier l’ouverture du couvert forestier. Il s’agit ici de les compléter en comparant l’ouverture passée et actuelle du couvert forestier afin de documenter le renouvellement des écosystèmes suite aux opérations d’exploitation forestière. Cet article présente une approche mettant en oeuvre une chaîne de traitement semi-automatisée adaptée à l’imagerie Landsat. En post-traitement, l’information portant sur l’ouverture de la canopée est extraite à l’aide d’algorithmes spécifiques. Un index spatial, calibré sur des données radiométriques à basse résolution, indique les taux d’ouverture passés et actuels. Ce procédé fournit des estimations de la dégradation forestière permettant de décrire les données de télédétection à basse résolution (issues de Modis, par exemple) utilisées pour la cartographie terrestre. Ces estimations sont alors croisées avec des cartes de couverture terrestre afin de distinguer des catégories forestières actuelles. Cet outil a été développé dans le cadre du projet CoForChange, dont l’objectif global est de prévoir l’évolution du couvert forestier et de la distribution des essences dans le Bassin du Congo liée aux changements globaux, et de développer des outils d’aide à la décision. Cet article présente un exemple en grandeur et en temps réels, situé dans la forêt humide aux frontières de la République centrafriquaine, de la République du Congo et du Cameroun, analysé année par année à l’aide de trente années d’archives Landsat.

Mots-clés : dégradation forestière, réseau routier, Landsat, Modis, Afrique centrale.


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LE PAYSAGE COMME OUTIL D’AMÉNAGEMENT DES TERROIRS VILLAGEOIS

E. Dubiez, C. Vermeulen, J.-P. Tonneau, T. Yamba Yamba, B. Mvolo, A. Larzillière

La gestion de la ressource bois énergie en périphérie des grands centres urbains est devenue une préoccupation de premier ordre en Afrique centrale. À une demande croissante en bois énergie correspondent des auréoles de déforestation de plus en plus larges. Les communautés villageoises situées dans cette auréole vivent aujourd’hui dans un environnement à ce point dégradé que les écosystèmes forestiers et les biens et services associés y ont presque disparu. La surexploitation de ces espaces nécessite entre autres de repenser l’aménagement des terroirs villageois. Cette étude présente une démarche d’élaboration de plan simple de gestion de terroirs villageois. L’article discute la pertinence d’une approche d’aménagement fondée sur le paysage perçu et vécu par les populations. L’organisation sociale de la communauté, ses pratiques et ses modes de régulation d’accès à la ressource sont des éléments qui structurent le paysage. Ils se traduisent dans une typologie locale de l’espace employée au quotidien. Cette typologie a été mobilisée pour une meilleure appropriation des concepts d’aménagement par les communautés et pour une mise en oeuvre plus effective. À contre-courant de la foresterie communautaire développée depuis plusieurs années en Afrique centrale, cette approche est structurée autour d’un processus participatif, progressif et itératif. Elle permet d’amener des groupes endogènes à intégrer leur vision de l’espace dans les prises de décision, à faciliter les débats autour de la question de l’aménagement de leur terroir et à contribuer à la reconstitution d’espaces forestiers dégradés.

Mots-clés : paysage, typologie locale, aménagement, bois énergie, Bas-Congo, République démocratique du Congo.


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LA MAQUETTE INTERACTIVE, UN OUTIL NOVATEUR DE PARTICIPATION

A. Larzillière, C. Vermeulen, E. Dubiez, T. Yamba Yamba, S. Diowo, G. Mumbere

Les prélèvements pour l’approvisionnement en bois énergie des villes constituent désormais une cause majeure de la déforestation en Afrique centrale. En République démocratique du Congo, le bois représente plus de 90 % de la ressource en énergie domestique et cette ressource est de plus en plus surexploitée. La présente étude s’inscrit dans le cadre de la sécurisation de l’approvisionnement en bois énergie de la ville de Kinshasa par la gestion durable des forêts périurbaines dégradées dans les terroirs villageois, lieux principaux de production. La mise en oeuvre de cette gestion ne peut se faire sans la participation des principaux acteurs, les communautés villageoises elles-mêmes. L’enjeu de la participation s’est concentré sur la prise en compte des avis de chacun dans les décisions à adopter. Pour la phase de conception et de négociation des plans simples de gestion, un support de facilitation innovant a été développé. Sous le nom de « maquette interactive », cet outil de cartographie en relief modulable se compose d’éléments en bois peints permettant de reproduire le village et le terroir en miniature. L’ensemble est accompagné de vignettes illustrant les différents enjeux de la négociation. Sa facilité d’utilisation, tant par les communautés rurales que par les agents du projet, a permis à la fois d’augmenter la qualité et l’intensité de la communication et de stimuler la réflexion. Son efficacité reste cependant liée à une bonne connaissance préalable de la communauté et de ses enjeux internes. Au-delà d’un simple outil, il s’agit donc du partage réel des connaissances, élément clé d’accords de gestion cohérents, réalistes et équitables, qui est questionné.

Mots-clés : démarche participative, maquette interactive, aménagement, terroirs villageois, Bas-Congo, République démocratique du Congo.


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GESTION FORESTIÈRE MULTI-USAGES EN AFRIQUE CENTRALE : PERCEPTIONS, MISES EN OEUVRE ET ÉVOLUTIONS

G. Lescuyer, J. N. Essoungou

Quoique la gestion forestière multiusages (Gfmu) soit promue par les codes forestiers d’Afrique centrale, cette approche reste mal comprise et peu mise en oeuvre pour les forêts de production et les forêts communautaires. L’article présente les résultats de 62 entretiens avec des personnes impliquées dans la gestion forestière au Cameroun, au Gabon et en République démocratique du Congo, et fait ressortir trois interprétations de la Gfmu : une exploitation durable du bois intégrant secondairement les usages des autres acteurs ; une utilisation coutumière des ressources par les populations locales ; une gestion planifiée et formelle de la diversité des biens et fonctions fournis par ces écosystèmes. L’analyse détaillée de huit études de cas montre en pratique que l’aménagement durable de la forêt se focalise presque toujours sur l’exploitation du bois ; quoique l’utilisation du gibier et la collecte des produits forestiers non ligneux soient systématiquement mentionnés dans les documents d’aménagement. À l’inverse, les services environnementaux – séquestration du carbone, protection des bassins versants – ou les biens publics y sont quasi absents. L’inscription de différents usages dans les documents de gestion ne suffit toutefois pas pour qu’ils soient toujours mis en oeuvre sur le terrain. Trois pistes sont explorées pour renforcer l’application de la Gfmu dans le bassin du Congo : concevoir la Gfmu à l’échelle du paysage et non à celle du massif forestier ; améliorer le contenu des documents d’aménagement forestier pour y inclure et valoriser l’ensemble des usages de la forêt ; renforcer le contrôle de l’application effective des documents de gestion, grâce à la certification ou à un meilleur contrôle du respect de la légalité.

Mots-clés : gestion forestière multi-usages (Gfmu), services environnementaux, aménagement durable, Cameroun, Gabon, République démocratique du Congo.


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LA GESTION FORESTIÈRE COMMUNAUTAIRE COMME SOURCE DE REVENUS LOCAUX : DEUX ÉTUDES DE CAS EN AMAZONIE BRÉSILIENNE

I. Drigo, M.-G. Piketty, D. Pena, P. Sist

La gestion forestière communautaire (Gfc) apparaît comme une des voies permettant de protéger les forêts, tout en générant des revenus directs pour les petits propriétaires forestiers. Depuis le milieu des années 1990, les projets de ce type se multiplient en Amazonie brésilienne. Cependant, la plupart se heurtent à de nombreuses difficultés malgré des financements publics conséquents. Deux de ces projets, mis en oeuvre dans l’État du Pará (dans l’Est de l’Amazonie), ont fait l’objet d’analyses entre 2008 et 2010 qui visent à mettre en lumière les principaux obstacles s’opposant à leur viabilité financière sur le long terme et à déterminer les revenus de l’exploitation forestière réellement perçus par la communauté. Le premier obstacle majeur à la réussite des projets de gestion forestière communautaire est la lourdeur du processus réglementaire : il faut actuellement deux ans pour aboutir à l’approbation d’un plan de gestion. De plus, l’élaboration et la mise en oeuvre d’un tel plan de gestion est un processus onéreux. Aucun des plans de gestion analysés n’aurait réussi sans le soutien financier externe d’agences nationales ou internationales et sans assistance technique. D’autre part, dans le contexte actuel du marché amazonien, le bois n’apporte que des revenus directs limités pour les petits exploitants, alors même que leurs terres sont forestières à 80 %. L’accès aux marchés est très incertain et les groupes de petits exploitants ont beaucoup de mal à vendre leur bois à des prix rémunérateurs. Des garanties publiques assurant un prix rémunérateur minimum pour le bois issu de projets de gestion forestière communautaire, sont sans doute nécessaires pour qu’ils deviennent une source réelle de revenus pour les petits exploitants amazoniens.

Mots-clés : coûts et avantages, revenus directs, gestion forestière, communauté, Brésil.


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LE POTENTIEL DE LA PRODUCTION FORESTIÈRE PAYSANNE EN AMAZONIE BRÉSILIENNE

P. Sablayrolles, H. Cruz, M. Santos Melo, I. Garcia Drigo, P. Sist

Dans l’État du Pará, 60 % des forêts destinées à l’aménagement sont des forêts paysannes. Les concessions forestières d’entreprise ne pourront fournir au mieux que la moitié de la consommation actuelle. À quelques exceptions près, les communautés traditionnelles et les familles paysannes n’ont ni l’expérience technique ni la capacité économique pour conduire l’exploitation commerciale des bois : l’aménagement est réalisé par le biais d’accords avec une entreprise, selon différentes modalités. Dans ce contexte, les contrats entre communautés et entreprise sont de nature très variée et aboutissent au contrôle total par les entreprises privées de toutes les opérations, du plan d’aménagement à l’exploitation. Les politiques publiques et la législation forestière cherchent aujourd’hui à améliorer les capacités des communautés locales à défendre leurs intérêts dans le cadre de tels partenariats. Cette étude analyse le cadre financier de l’entreprise par rapport à l’organisation paysanne pour son exécution, et les éléments clés qui permettent un meilleur contrôle : les inventaires préexploitation, la diversification de la production de bois d’oeuvre et de produits forestiers non ligneux, la commercialisation, le suivi et le contrôle des opérations d’exploitation. Il est proposé des pistes de politiques publiques qui doivent aider à la diffusion de l’aménagement paysan dans différentes contextes fonciers : unités de conservation et forêts de production, périmètres de colonisation agricole. L’article discute des modalités d’action et d’implantation d’un service public d’assistance technique et financière au profit des agriculteurs et des communautés. Le potentiel de l’intégration de la gestion forestière au sein des systèmes de production paysans est discuté dans le cadre du débat actuel de réforme du code forestier.

Mots-clés : gestion forestière communautaire, code forestier brésilien, Brésil, Amazonie.


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LA FORÊT AMAZONIENNE SUR SABLES BLANCS : UN SOMBRE FUTUR ?

R. de Oñate-Calvín, A. San Miguel-Ayanz, J. Orensanz-García, A. A. Salazar-Vega, S. Roig-Gómez

Les forêts amazoniennes sur sables blancs sont des peuplements arborés très particuliers et fragiles, dispersés en zones basses humides sur des dalles de sols fortement oligotrophes, qui recèlent un fort endémisme végétal. Ces surfaces boisées sont dédaignées pour leur mise en culture ou l’exploitation du bois, mais néanmoins leurs tiges de faible diamètre, compris entre 5 et 15 centimètres, détiennent une forte durabilité et constituent une ressource traditionnellement extraite par les populations locales pour construire leurs logements. Toutefois, cette valorisation locale reste invisible vis-à-vis de la réglementation forestière, ce qui pourrait aller à l’encontre de l’avenir de ces forêts sur sables blancs. Cette étude a pour objectif d’apporter les connaissances de base de structure forestière et de composition floristique, essentielles pour mener à bien la gestion durable de ces massifs forestiers. Les résultats montrent que, malgré leur fragilité, ces forêts sur sables blancs présentent aussi certains atouts du point de vue de leurs possibilités d’aménagement par rapport aux autres types de forêts tropicales humides : il s’agit d’une forte fréquence (26 %) d’espèces de valeur, de la remarquable dominance d’un petit groupe d’espèces, dont la plupart (67 %) sont d’intérêt commercial, et du fait que les tiges potentiellement utiles ne comptent que pour dix-sept pour cent de la surface terrière ; et il en résulte que dans la situation actuelle, il n’est pas nécessaire d‘appliquer des techniques telles que l’exploitation à faible impact, puisque les pieds exploités sont de faible taille, que les engins mécaniques ne sont pas utiles et que le transport est réalisé à dos d’homme et/ou par flottaison.

Mots-clés : forêt sur sables blancs, bois rond, diversité d’espèces, structure du peuplement, forêt tropicale, bois varillal.


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LA RECHERCHE AGRONOMIQUE POUR LE DÉVELOPPEMENT

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