Bois et forêts des tropiques

Résumés : n° 314
(4e trimestre 2012)


Tous les résumés
(en français, en anglais et en espagnol)

numéro

Numéro 314


 

BIOMASSE AÉRIENNE, VOLUME DE BOIS, STOCKS DE NUTRIMENTS ET LITIÈRE DE FEUILLES AU SEIN DE NOUVELLES FORÊTS, MIS EN COMPARAISON AVEC DES FORÊTS NATURELLES ET DES PLANTATIONS À PUERTO RICO

A. E. LUGO, O. A. MARTÍNEZ, J. F. DA SILVA

L’article présente une étude comparative de données de biomasse aérienne, de volume de bois, de stocks de nutriments (N, P, K) et de litière dans différents types de forêts à Puerto Rico. L’objectif de l’étude a été de procéder à une évaluation comparative de nouvelles forêts à Castilla elastica, arbre à caoutchouc, et Spathodea campanulata, tulipier du Gabon, avec des plantations et des forêts naturelles (aussi bien secondaires que matures). Il s’avère que ces deux types de nouvelles forêts peuvent rapidement accumuler en hauteur de grandes quantités de nutriments et de biomasse, produisant ainsi d’importantes chutes de feuillage. Elles peuvent égaler voire dépasser les plantations et les forêts naturelles pour tous les paramètres à l’exception de l’accumulation d’azote au niveau aérien. Ces résultats confirment bien le fait que ces nouvelles forêts peuvent contribuer à la restauration de la biomasse et des nutriments dans les sites déboisés. Cependant, à l’échelle de l’île dans son ensemble, les valeurs obtenues pour la biomasse dans plusieurs types de nouvelles forêts sont inférieures par rapport à celles observées dans cette étude pour les forêts à Spathodea et à Castilla. L’âge des peuplements et les conditions de site seraient ainsi des déterminants critiques du niveau d’accumulation d’éléments nutritifs et de biomasse dans ces forêts.

Mots-clés : nouvelles forêts, plantations, litière de feuilles, biomasse aérienne, nutriments, forêts caribéennes.


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LA STRATÉGIE DE MODÉLISATION EMPIRIQUE « COHORT » ET SON APPLICATION POUR L’AMÉNAGEMENT DE LA FORÊT DE TAPAJÓS, PARÁ, AMAZONIE BRÉSILIENNE

D. Alder, J. N. M. Silva, J. O. P. de Carvalho, J. do Carmo Lopes, A. R. Ruschel

La stratégie de modélisation empirique est ici revue et présentée ainsi que son application à l’Amazonie orientale. Le modèle de croissance Cafogrom élaboré au cours de la période 1994-1998 a pu être testé grâce aux récentes mesures de 2003 et 2007 en Forêt nationale de Tapajós dans deux zones expérimentales dénommées km67 et km114 au long de l’autoroute BR 163 reliant Santarém à Cuiabá. Le modèle montre un accroissement annuel de la forêt avec un écart annuel de moins de 15 % au cours de la période 1981-2007 sur le km67 et avec la même précision sur km114, un site moins productif, mais avec un biais accru de sous-estimation d’environ 32 % en 26 ans. L’accroissement moyen annuel du volume des arbres de plus de 50 cm de diamètre (DBH) a été de 2,2 m3/ha/an en 26 ans, dont 1,2 m3/ha/an (54 %) pour les essences commerciales. Les parcelles étudiées sur le site km114, le moins productif, ont eu un accroissement moyen de 1,07 m3/ha/an au cours de vingt ans couvrant la période 1983-2003. En considérant les règles du gouvernement brésilien dont l’intensité maximale d’exploitation est de 30 m3/ha avec une rotation de passage en coupe de 35 ans (0,86 m3/ha/an), la viabilité de ce régime conservateur est confirmée à condition que l’exploitation comprenne une gamme variée d’espèces commerciales. La stratégie de mise à jour de Cafogrom est détaillée, elle devra être réécrite sous la forme d’une application en langage Python dans le cadre contextuel Myrlin/ Fmt (www.myrlin.org, www.eofmt.com).

Mots-clés : stratégie, modèle de croissance, gestion forestière, forêt de Tapajós, Amazonie.


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LIER LA SYLVICULTURE TROPICALE À LA GESTION FORESTIÈRE DURABLE

S. Günter, M. Weber, B. Stimm, R. Mosandl

Depuis l’émergence du concept de la « gestion durable des ressources » dans les dernières décennies du XXe siècle, les aspects écologiques, technologiques et socio-économiques constituent les piliers de la gestion forestière durable. Alors que la production de bois et de produits forestiers non ligneux (PFNL) a longtemps été l’objectif premier de la gestion forestière, la demande de services forestiers écologiques s’accroît aujourd’hui en parallèle. Cependant, les systèmes de gestion forestière tropicale ont été conçus pour la plupart il y a fort longtemps, avec pour but principal la production de bois. Cet article présente une approche en six étapes pour passer de la sylviculture tropicale classique axée sur la production de bois à des approches plus globales visant à assurer une gestion réellement durable des ressources forestières. Cet objectif est particulièrement important sous les tropiques, où la production de bois est désormais menacée par un rythme de déforestation alarmant et par l’importance accrue des ressources forestières pour assurer la subsistance des populations locales. L’augmentation des superficies forestières concurrence fortement les autres objectifs d’utilisation des terres, et l’intensification permettant d’accroître la production à l’hectare est donc une approche prometteuse pour résoudre ce problème majeur, par exemple par la mise en oeuvre des techniques sylvicoles à rotations courtes, la domestication d’essences ou l’aménagement des sites. La diversification des structures et des services forestiers est une stratégie complémentaire importante visant à remédier à la dégradation éventuelle des forêts et aux pénuries d’autres biens ou services, et de ce fait à contribuer à la gestion durable à l’échelle d’un paysage. Les échelles de gestion, temporelles et spatiales, doivent donc être adaptées aux besoins des exploitants forestiers individuels (pour la production de bois, par exemple) mais aussi à ceux de la collectivité (eau, biodiversité, stockage du carbone...). La gestion forestière durable dépend fortement de son acceptation par l’ensemble des intéressés, et les approches participatives peuvent y contribuer de façon significative. Cet article présente des exemples montrant comment l’intégration de la sylviculture et de la gestion forestière permet, en englobant tous les aspects indiqués ci-dessus, de contrer la gestion de conception purement extractive pour aboutir à une approche sylvicole moderne en termes de gestion adaptive de l’écosystème. L’autonomie des acteurs sociaux et des mécanismes de marché opérationnels pour les produits et services autres que le bois sont des éléments incontournables de la planification sylvicole moderne, mais n’ont aucune utilité pour la gestion forestière durable tant qu’ils ne s’accompagnent pas d’une solide connaissance des fonctions et processus écologiques et d’une bonne compréhension des impacts des interventions humaines. La sylviculture tropicale et la gestion durable des forêts dépendent l’une comme l’autre de la connaissance des écosystèmes et de son application pratique sur le terrain.

Mots-clés : gestion forestière durable, sylviculture, diversification, mitigation, échelles temporelles et spatiales, approches participatives.


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NOUVELLES CONNAISSANCES SUR LA DYNAMIQUE GLOBALE DE LA BIOMASSE APRÈS EXPLOITATION EN FORÊT NORD AMAZONIENNE

P. Sist, L. Blanc, L. Mazzei, C. Baraloto, R. Aussenac

L’article présente les effets de l’exploitation forestière sur la dynamique de la biomasse aérienne à partir des résultats issus de l’exploitation commerciale au sein de deux forêts : Cikel dans l’Est du Pará au Brésil et Paracou en Guyane française. L’objectif principal a été de comparer l’impact de ce type d’exploitation sur la régénération de la biomasse aérienne dans ces deux forêts dont les caractéristiques sont différentes en termes de structure et de croissance. Dans les deux sites, l’intensité de l’exploitation s’avère être un facteur essentiel déterminant de la perte de biomasse et le temps nécessaire à sa régénération. À Paracou, la régénération de la biomasse aérienne perdue lors des coupes d’abattage de 10 arbres par hectare prendra 45 ans et plus de 100 ans en cas d’exploitation à plus forte intensité (21 arbres par hectare). À la Cikel, la biomasse aérienne se régénérera au bout de 49 ans après exploitation à raison de 6 arbres par hectare et au bout de 87 ans après prélèvement de 8 arbres par hectare. Cette régénération prendra donc autant de temps sur les deux sites, mais avec un moindre nombre d’arbres exploités à la Cikel, les arbres abattus étant de plus grande taille avec une biomasse aérienne individuelle plus importante qu’à Paracou. Après le passage en coupe, l’étude a établi une corrélation directe de la dynamique de la biomasse aérienne avec la structure initiale de la forêt ainsi qu’avec les paramètres de la dynamique forestière : mortalité, croissance et recrutement. L’accumulation de biomasse aérienne par la croissance globale des peuplements après coupe s’avère être un paramètre clé pour le stockage net du carbone, toutefois la contribution du recrutement ne devient significative à Paracou qu’au bout de 10 ans après exploitation. Il s’agit donc de favoriser la croissance des arbres résiduels après la coupe, grâce aux traitements sylvicoles tels que l’éclaircie sélective ou l’élimination de lianes. Alors que les deux forêts sont géographiquement assez proches, leurs capacités de régénération ne sont pas identiques et, en raison de la différence significative de taille des arbres, la forêt guyanaise pourrait tolérer une plus forte intensité d’exploitation.

Mots-clés : biomasse aérienne, impact de l’exploitation, sylviculture, forêt humide amazonienne.


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L’IMAGERIE LiDAR MONTRE QUE LES FORÊTS LES PLUS HAUTES COMPORTENT DES TIGES PLUS ÉLANCÉES

G. Vincent, F. Caron, D. Sabatier, L. Blanc

Une opération de balayage laser aéroporté à haute densité a permis de modéliser la hauteur du couvert forestier d’un site expérimental en forêt néotropicale (à Paracou en Guyane française). La hauteur des arbres individuels a été calculée par segmentation manuelle des houppiers sur le modèle numérique de canopée et extraction de la hauteur maximale locale du couvert forestier. Trois cent quatrevingt- seize estimations de hauteur d’arbres dominants ou émergents ont été mises en relation avec les données de terrain correspondantes pour les diamètres des tiges échantillonnées sur deux placettes de hauteur moyenne différente (28,1 m et 31,3 m). Les résultats montrent une corrélation positive et très significative entre l’élancement des tiges et la hauteur moyenne du couvert à l’échelle des placettes. La même corrélation apparaît à l’échelle des peuplements des trois essences suffisamment échantillonnées. Il est possible de conclure qu’une stratification selon la hauteur du couvert est à recommander dans le calcul de relations allométriques afin d’éviter les biais dans les estimations de biomasse aérienne.

Mots-clés : LiDAR, allométrie des arbres, fertilité, compétition, Guyane française.


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LE MODÈLE SPATIAL DE RENDEMENT EST-IL UNE SOLUTION PLUS PERTINENTE POUR L’EXPLOITATION DES FORÊTS TROPICALES ?

H. Bigsby

L’expérience de sociétés forestières pratiquant l’abattage sélectif d’arbres individuels au Sarawak montre que leurs opérations ne sont encadrées en général que par une réglementation de base concernant par exemple le diamètre minimum d’abattage, les dimensions maximales des trouées ou les essences autorisées. En général, les aspects sylvicoles ne sont, au mieux, pris en compte qu’implicitement dans les règlements sur l’abattage, et non explicitement dans la planification et les opérations d’abattage. Les sociétés forestières tendent de plus en plus à pratiquer un comptage à 100 % des arbres, associé à une cartographie par GPS, dans le cadre de systèmes d’exploitation à impact faible ou réduit. L’utilisation de systèmes GPS permet d’élaborer des bases de données spatialisées et des descripteurs clés des arbres. Ceux-ci pourraient servir d’appui à la planification d’activités futures basées sur des modèles de croissance et de rendement permettant de prendre en compte des paramètres forestiers importants, comme le DBH et les essences présentes, et de cartographier la position des arbres. Cela aiderait les gestionnaires des récoltes et les arpenteurs forestiers à passer d’une optique purement opérationnelle à une optique sylvicole, en prenant en compte des paramètres tels que l’espacement, le recrutement et les tiges d’avenir lors de la planification des opérations d’abattage. L’absence de ce type de planification parmi les sociétés forestières est principalement due au fait que les modèles d’exploitation forestière en milieu tropical sont généralement basés sur des paramètres de zonage (modèles à l’échelle des peuplements ou selon les classes de dimension) qui ne sont pertinents que par rapport aux besoins de la planification à grande échelle. Ces modèles n’intègrent généralement pas les données spatiales générées par la planification, ils nécessitent des données beaucoup plus nombreuses et différentes de celles utilisées pour planifier les opérations d’abattage et ne produisent pas de résultats utiles à la planification opérationnelle des récoltes. Il est plus utile de se servir de modèles par arbre qui intègrent des données spatiales et produisent des résultats pertinents au plan opérationnel, comme les diamètres, les essences et la position des arbres. Cet article rappelle les contraintes opérationnelles de l’exploitation forestière à impact faible ou réduit, et préconise des approches pour la modélisation des rendements compatibles avec ces systèmes.

Mots-clés : planification de l’exploitation forestière en milieu tropical, modélisation par arbre, exploitation forestière à impact réduit.


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UN MODÈLE DE CROISSANCE POUR L’AZOBÉ, LOPHIRA ALATA, AU GABON

N. L. Engone Obiang, A. Ngomanda, L. J. T. White, K. J. Jeffery, É. Chézeaux, N. Picard

L’azobé, Lophira alata, est un important bois d’oeuvre d’Afrique centrale classé vulnérable dans la liste rouge de l’UICN. Bien que de nombreuses mesures de croissance aient été faites pour cette espèce, aucun modèle de croissance ne semble exister actuellement. L’objectif de ce travail était de faire la part, dans la croissance de l’azobé, entre l’effet de la taille de l’arbre et celui de la compétition locale. Un modèle de croissance a été ajusté pour l’azobé en utilisant les données de quatre sites de mesures au Gabon. Ce modèle de croissance a été conçu pour être utile à l’aménagement forestier, c’est-à-dire qu’il ne repose que sur des variables qui peuvent être calculées à partir des données d’inventaire forestier. Un modèle log-normal avec une réponse négative à la densité du peuplement et à sa surface terrière a été sélectionné. La relation entre la croissance et la taille de l’arbre était unimodale avec un maximum à 60 cm de diamètre à hauteur de poitrine. Un effet résiduel significatif du statut social de l’arbre a été trouvé (avec une croissance plus lente pour les arbres dominés) tandis qu’aucun effet résiduel du site n’a été trouvé.

Mots-clés : azobé, compétition, croissance, espèce héliophile, modèle nonlinéaire, Gabon.


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LA RECHERCHE AGRONOMIQUE POUR LE DÉVELOPPEMENT

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