Bois et forêts des tropiques

Résumés : n° 311
(1er trimestre 2012)


Tous les résumés
(en français, en anglais et en espagnol)

Nouveau numéro

Numéro 311


 

COMPORTEMENT DES CLONES DE TECK « YSG BIOTECH TG1-8 » DANS DES CONDITIONS DE SITE VARIÉES : PREMIÈRES OBSERVATIONS

D. K. S. Goh, O. Monteuuis

Au début des années 1990 au Sabah (Malaisie orientale), la division « Biotech » du groupe Yayasan Sabah a développé avec des chercheurs du Cirad Forêt une technique efficiente de clonage industriel par bouturage et microbouturage de tecks, Tectona grandis, de tous âges. Les premiers clones ont été produits à partir de huit tecks “Plus” sélectionnés au Sabah, pour leurs caractéristiques phénotypiques et de croissance supérieures, sous 2 500 mm de pluie bien répartis sur l'année. Le comportement tout à fait convaincant au champ des premiers représentants de ces clones a favorisé rapidement leur propagation à grande échelle pour répondre aux fortes demandes, locales et internationales. Depuis, plusieurs millions de tecks clonés ont été produits à partir de ces huit têtes de clone initiales et la demande ne cesse d’augmenter. Cette situation nous a incités à synthétiser les informations disponibles sur le comportement de ces clones dans les différents sites où ils ont été introduits. Les premières observations indiquent que ce matériel a fait preuve d’une grande faculté d’adaptation dans des conditions environnementales très variées, surpassant dans chaque site d’introduction toutes les autres origines de tecks, tant du point de vue de la quantité que de la qualité du bois produit. Cette remarque vaut également pour des lieux ne recevant que 1 000 mm de pluie par an avec huit mois de saison sèche, conditions pluviométriques bien inférieures à celles du Sabah. Des situations bénéficiant d’une forte pluviométrie équitablement répartie sur l’ensemble de l’année sont néanmoins préférables pour garantir le meilleur de ces clones. Un de leurs attraits majeurs demeure la formation précoce de fûts droits et hauts avec un minimum de branches, ce qui encourage leur utilisation en agroforesterie et réduit les opérations d’élagage. La disponibilité en clones de tecks présentant de tels avantages comparatifs est à l’origine de l’essor actuel des plantations clonales industrielles de tecks dans de nombreux pays.

Mots-clés : adaptabilité, clones, conditions environnementales, pluviométrie, croissance, caractéristiques phénotypiques, Tectona grandis.


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PRODUCTION DE GOMME ARABIQUE EN PLANTATIONS D’ACACIA SENEGAL EN ZONE SOUDANIENNE DU CAMEROUN : EFFET DU CLIMAT, DU SOL, DE LA DATE D’INCISION ET DE LA PROVENANCE DES ARBRES

J.-M. Harmand, M. Ntoupka, B. Mathieu, C. Forkong Njiti, J.-M. Tapsou, J.-C. Bois, P. Thaler, R. Peltier

La présente étude a été menée sur des plantations d’Acacia senegal (L.) Willd. installées en zone soudanienne du Cameroun entre les isohyètes 650 mm et 1 250 mm. L’étude concerne la croissance de l’espèce, le choix de la date d'incision et l’influence des facteurs climatiques et édaphiques sur la production de gomme arabique. Les plantations ont été réalisées de 1985 à 1989 et les essais de saignée de 1993 à 1998. L’espèce a présenté généralement une bonne adaptation et une bonne croissance dans les différentes conditions de site de la zone d’étude. Les observations montrent une meilleure production de gomme quand la saignée a été réalisée en début de saison sèche, lorsque l’humidité relative diminuait. Selon l’isohyète, la date optimale de saignée s’est étalée du 10 octobre (650 mm) au 25 novembre (1 250 mm). Entre 650 mm et 800 mm de pluviosité annuelle, la production moyenne annuelle de gomme dans chaque site a été de 100 g à 500 g par arbre saigné, correspondant à un rendement à la parcelle de 50 à 250 kg/ha/an pour une densité de 500 arbres/ha. Au-dessus de l’isohyète 1 000 mm, la production s’est montrée plus aléatoire. Bien qu’à l’échelle pluriannuelle la production de gomme ait été similaire dans les différents types de sols, le niveau de production annuelle a été plus variable sur sol sableux que sur sol argileux. La provenance soudanienne locale a été en général plus productive que toutes les provenances introduites d’origine sahélienne (Sénégal, Soudan) ou d’Inde. En plus de leur clarté remarquable, les quelques échantillons de gomme analysés de la provenance locale ont montré des propriétés classiques typiques des exsudats d’A. senegal de la ceinture sahélienne.

Mots-clés : date d'incision, facteur édaphique, facteur climatique, provenances d’Acacia senegal, agroforesterie.


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VALORISER L’AMANDE DE CHIQUITANIE, DIPTERYX ALATA (VOGEL), UNE STRATÉGIE POUR ATTÉNUER L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL DU DÉVELOPPEMENT AGROPASTORAL EN BOLIVIE ?

C. Vennetier, R. Peltier, J. Coimbra

En vue de concilier le développement économique et la conservation de la forêt en Bolivie, la Fondation pour la conservation de la forêt sèche chiquitanienne (Fcbc) s’efforce de venir en appui aux filières des produits forestiers non ligneux (Pfnl) telle que celle de l’amande de Chiquitanie, Dipteryx alata (Vogel). Les fruits comestibles de cet arbre natif de l’écorégion de la forêt sèche chiquitanienne sont actuellement récoltés par des communautés indigènes, transformés par une association de producteurs et essentiellement commercialisés dans le département de Santa Cruz. Malgré les obstacles auxquels se heurte la filière, la valorisation de l’amande de Chiquitanie s’avère être un moyen de développement socioéconomique intéressant. Elle représente une opportunité de revenus complémentaires pour les familles des communautés indigènes, qui s’inscrit dans le cadre d’une stratégie de réduction des risques par la diversification des productions et activités économiques. L’émergence de débouchés pour l’amande de Chiquitanie a engendré des comportements spontanés de protection de l’espèce de la part des producteurs, qui se limitent cependant aux espaces individuels que sont le champ, le pâturage ou le patio. Par ailleurs, plus que d’inciter les populations rurales à préserver l’intégrité des massifs forestiers, ce type de développement les invite à établir des plantations. Toutefois, le contexte et les caractéristiques écologiques de cette légumineuse fourragère font qu´elles privilégient davantage sa plantation suivant des systèmes agroforestiers et sylvopastoraux, peu répandus dans l’écorégion. C’est ainsi que cette option permet d’atténuer les effets négatifs du développement agropastoral en promouvant des pratiques plus respectueuses de l’environnement. Plus particulièrement, ce choix technique commence à se propager auprès des éleveurs privés et Dipteryx alata pourrait ainsi devenir un élément clé pour promouvoir le reboisement des pâturages artificiels.

Mots-clés : Dipteryx alata, produits forestiers non ligneux, bio-commerce, systèmes agroforestiers et sylvopastoraux, reboisement, Bolivie.


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DYNAMIQUES TERRITORIALES DES AMÉRINDIENS WAYÃPI ET TEKO DU MOYEN OYAPOCK, CAMOPI, GUYANE FRANÇAISE

I. Tritsch, V. Gond, J. Oszwald, D. Davy, P. Grenand

Les populations amérindiennes expérimentent depuis plusieurs décennies des changements socio-économiques et territoriaux importants, dans un contexte d’augmentation démographique forte. L’article aborde l’adaptation des systèmes d’occupation du territoire et d’exploitation des ressources naturelles des Amérindiens de Guyane française face aux contraintes exercées sur leur territoire et leur mode de vie. Quelle est la résilience des systèmes amérindiens d’utilisation du territoire et de ses ressources naturelles ? La concentration de l’habitat amérindien autour du bourg de Camopi, liée à l’implantation des infrastructures de type centre de santé et école, et à la promotion de l’habitat sédentaire, contribue à générer une pénurie des ressources naturelles et un mal-être social. Le système s’adapte par un éclatement de l’habitat en villages périphériques et par une extension des terroirs agricoles le long des cours d’eau, afin de retrouver de l’espace. Ces villages reproduisent un modèle d’organisation spatiale semblable à l’organisation traditionnelle des villages wayãpi et teko. L’habitat reste cependant sédentaire, les familles souhaitant voir leur village se faire équiper des services minimaux : eau potable et électrification. La limite spatiale à l’éclatement de l’habitat demeure les déplacements journaliers vers l’école, et par conséquent la desserte par le transport scolaire (pirogue). Ainsi, les services et infrastructures conditionnent l’occupation du territoire. Des abattis complémentaires sont maintenus à plus grande distance du bourg et l’habitat devient bilocal : un habitat principal desservi par les services et infrastructures et un habitat secondaire, éloigné et itinérant, conditionné par la qualité des terres agricoles, les ressources cynégétiques, l’histoire du lieu et les réseaux familiaux. Le maintien de ces habitations éloignées est possible grâce à l’investissement des revenus issus des aides sociales dans le transport. Il est ainsi montré que les systèmes amérindiens d’occupation du territoire et d’exploitation des ressources naturelles ont un potentiel adaptatif fort : ils s’appuient sur la recomposition de mobilités circulaires, organisées selon un gradient d’intensité d’utilisation des ressources, qui garantit la durabilité du système.

Mots-clés : agriculture itinérante sur brûlis, gestion du territoire, système d’exploitation des ressources naturelles, aire protégée, populations amérindiennes, Guyane française.


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SORPTION ET PROPRIÉTÉS THERMODYNAMIQUES DU LIÈGE POUR LES ISOTHERMES DE 35 °C ET 50 °C

F. García Fernández, P. De Palacios, L. G. Esteban, A. García-Iruela, J. R. González-Adrados, J. V. López Álvarez

Les caractéristiques du liège font de lui un élément irremplaçable dans le domaine de l’industrie bouchonnière de bouteilles de vin et de champagne de grande qualité. Les études portant sur les relations eau-liège sont peu nombreuses, particulièrement en ce qui concerne le comportement thermodynamique du liège. Dans cette étude, l’hygroscopicité et les propriétés thermodynamiques sur deux échantillons de liège de la même qualité, l’un extrait en 1968 et l’autre en 2006, ont été étudiées afin de déterminer les possibles différences de comportement au fur et à mesure que le temps passe. Pour ce faire, les isothermes de sorption de 35 °C et de 50 °C ont été construites suivant la méthode des solutions de sels saturées, en ajustant les valeurs conformément à la méthode GAB. Des coefficients d’hystérésis ont été utilisés dans la comparaison des isothermes, des spectres d’infrarouge dans l’étude des possibles modifications chimiques de la paroi cellulaire et la méthode d’intégration de l’équation de Clausius-Clapeyron dans la détermination des paramètres thermodynamiques. Aucune différence significative n’a été observée entre les teneurs en humidité d’équilibre obtenues pour les deux lièges ; par contre, les pourcentages de saturation de la monocouche sont significativement inférieurs dans le plus vieux des lièges. Pour les deux types de liège, tout comme pour le bois, les valeurs des points d’inflexion où la physisorption commence à dominer sur la chimisorption sont très similaires, environ 31-35 % d’humidité relative (RH). En ce qui concerne les propriétés thermodynamiques, les courbes de chaleur isostérique nette sont similaires à celles qui sont obtenues pour le bois, et l’énergie de liaison du liège extrait en 2006 est inférieure à celle du liège extrait en 1968.

Mots-clés : liège, désorption, hygroscopicité, isotherme, chaleur isostérique, sorption, thermodynamique.


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GESTION DE LA FAUNE DANS LES CONCESSIONS FORESTIÈRES D’AFRIQUE CENTRALE : VERS UNE APPROCHE PRAGMATIQUE DES RECENSEMENTS

C. Maréchal, R. Nasi, D. Bastin

Depuis la Convention de Rio (1992), la gestion durable des forêts est devenue un enjeu majeur dans le bassin du Congo. Cette thématique s’est traduite notamment par une révision des législations forestières de la plupart des pays de la sous-région dans le sens d’une meilleure prise en compte de la biodiversité. Les espèces animales sont particulièrement concernées puisque, désormais, les plans d’aménagement des concessions forestières doivent obligatoirement inclure un volet ayant trait à la faune sauvage. Par ailleurs, la certification forestière qui s’impose progressivement dans la sous-région constitue un autre outil de promotion de l’aménagement forestier durable, y compris pour la faune. En vue de cet objectif, tous les systèmes actuellement appliqués dans les forêts en voie de certification soumettent les exploitants à des exigences de gestion particulières en matière de faune. Or la connaissance de l’état des populations animales en présence est un prérequis indispensable à la planification de la gestion de cette ressource. C’est pourquoi, depuis quelques années, les recensements des grands et moyens mammifères se multiplient dans les forêts de production en cours d’aménagement. L’article fait le bilan critique des méthodes de comptage appliquées jusqu’à présent dans le contexte de l’aménagement forestier. Il soulève les nombreux inconvénients auxquels se heurtent les pratiques actuelles et s’interroge sur leur pertinence dans une perspective de suivi et de gestion du potentiel faunique des forêts exploitées.

Mots-clés : suivi faunique, concessions forestières, aménagement, certification, recensement, massif forestier, bassin du Congo.


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LA RECHERCHE AGRONOMIQUE POUR LE DÉVELOPPEMENT

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